RMC

Mickael, bloqué par les agriculteurs: "On va perdre beaucoup d'argent"

Des agriculteurs remontent l'A1 vers Paris, ce jeudi 3 septembre.

Des agriculteurs remontent l'A1 vers Paris, ce jeudi 3 septembre. - Eric Fefferberg - AFP

Particuliers et entreprises installés à Paris ont dû s'adapter ce jeudi, alors que les accès et les abords de la capitale ont été bloqués par le mouvement des agriculteurs. Certains ont pu poser une journée de repos, d'autres, sont des victimes collatérales du conflit.

Paris visée, Paris encerclée, et Paris bloquée. Plus d'un millier de tracteurs (1.512 selon les organisateurs) ont commencé à converger vers la capitale ce jeudi matin à partir de 6h, à l'appel de deux syndicats, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Les autoroutes qui mènent vers Paris, puis le périphérique et enfin le secteur est de la capitale ont été bloqués le temps que les tracteurs rejoignent la place de la Nation, lieu de rassemblement des agriculteurs.

Les automobilistes franciliens, appelés à laisser leur voiture au garage par la préfecture de police de Paris, ont donc dû s'adapter. Il y a ceux qui ont de la chance, comme Alex, qui travaille pour une entreprise de transport d'outils de chantier. Il va profiter de cette manifestation pour faire la grasse matinée.

"Je ne vais pas aller travailler, se réjouit-il sur RMC. Ça va être une journée de repos, et on reprendra le travail vendredi comme tout le monde".

"Je me demande comment on va s'organiser"

Georges, lui, habite à Paris. Sa voiture restera garée sur le trottoir devant chez lui toute la journée. "Je ne vais pas utiliser ma voiture dans Paris aujourd'hui. Ce sera ou transport en commun si je dois me déplacer, ou alors je resterai dans le quartier". Seule inconvénient pour lui : "Ça oblige à payer le parcmètre un peu plus longtemps que prévu". "Je sais que ça va occasionner pas mal d'ennuis à des tas de gens, mais moi personnellement, non. Question d'organisation et de prévoyance". Et de chance aussi, de pouvoir se passer de son véhicule.

Ce qui n'est pas le cas de Mickael, qui a une petite entreprise de livraisons de denrées alimentaires en Ile-de-France. Pour lui, ce blocage est une catastrophe.

"Je respecte le fait que les agriculteurs grognent, mais on est trois chauffeurs livreurs et je me demande comment on va s'organiser. Moi j'ai un petit scooter donc je vais pouvoir dépanner un peu à droite à gauche, mais on est bien embêtés. On ne va pas livrer dans Paris, on ne va livrer que les supermarchés autour de la capitale. Mais moins on livre, moins on gagne. On va perdre beaucoup d'argent".

"On comprend ceux qui s'inquiètent pour leur métier"

D'autres professions risquent également de perdre de l'argent. C'est le cas des taxis. Mais quelques semaines après leur mouvement de colère contre UberPop, Nicolas, taxi parisien, déclare son soutien aux agriculteurs.

"Il faut comprendre que tout le monde est dans le besoin et a des revendications. On comprend ceux qui s'inquiètent pour leur métier, vu que nous les taxis on est dans le même cas de figure. Ça va changer nos habitudes pendant un jour mais il faut penser aux autres aussi. On s'accommodera. Ce n'est pas un jour de plus ou de moins de travail qui va changer quelque chose. On va faire comme d'habitude, on va se mettre en position le matin et dès qu'on ne pourra pas travailler on changera de secteur".
Philippe Gril avec Benoit Ballet