RMC

Mort de Zyed et Bouna: dix ans après, à Clichy "il reste encore beaucoup à faire"

Il y a dix ans, la mort de deux jeunes dans un site EDF à Clichy-sous-bois déclenchait trois semaines de violentes émeutes dans les banlieues françaises, contraignant le gouvernement d'alors à décréter l'état d'urgence. Alors que le procès de deux policiers débute ce lundi à Rennes, RMC s'est rendue sur place pour voir si ce drame a permis de faire changer les choses.

Après de multiples rebondissements judiciaires, le procès a enfin lieu. Dix ans après, deux policiers comparaissent lundi et pour cinq jours à Rennes pour "non-assistance à personne en danger" après la mort de deux jeunes dans un site EDF à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005, un drame à l'origine de trois semaines d'émeutes dans les banlieues françaises. Mais dix ans après le drame, dix ans après les violences qui ont suivi, Clichy-sous-Bois a-t-elle changé ? RMC s'est rendue sur place.

Première constatation, il existe un contraste entre "les vieilles tours dans un état de délabrement total" et "juste à côté de nouveaux bâtiments, à taille humaine, où les premiers habitants viennent d'entrer comme l'explique Medhi Bigaderne, membre du collectif AC le Feu. Autre bonne nouvelle: l'investissement de l'Etat est réel et concret. "Le service public commence à revenir légèrement. Il y a un commissariat, le Pôle emploi vient tout juste de s'installer… Mais il reste encore beaucoup de choses à faire".

"Il n'y a rien ici"

Notamment dans la cité du Chêne Pointu où 6 000 habitants vivent toujours dans des barres d’immeubles décrépis et insalubres. "Je suis ici depuis 1986 et là où j'habite rien a changé, assure cet habitant. Par exemple, on n'a toujours pas d'ascenseur. Les choses qui ont été dégradées il y a dix ans n'ont pas été refaites. Et si cela avait été le cas, elles auraient été aussitôt cassées". Et comme il y a dix ans, c’est la débrouille au quotidien. "Parfois, on voit des parents nettoyés la cité alors que ce n'est pas leur métier, explique Salomé à RMC. On voit aussi des 'grands' aidés les parents à monter les courses. Ils ne sont pas obligés mais ils le font quand même. Côté loisirs : un stade de foot, un petit parc pour enfants et un McDo et c'est tout.

"Pour les adolescents, il n'y a rien. A part le foot…", s'agace Salomé. Un constat partagé par sa copine: "On ne reste pas trop sur Clichy. Il n'y a rien ici. On va à Rosny, à Paris, on va partout sauf à Clichy". Prochaine grande étape pour la ville : l’arrivée du tramway en 2018. Et avec lui un espoir : rallier Clichy à Paris en moins d’une heure.

Maxime Ricard avec Amélie Rosique