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Mouvement de colère des passagers à la SNCF: "Aujourd’hui, j’en ai marre"

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Pour protester contre des conditions qui se dégradent, certains voyageurs refuseront de montrer leur titre dans transport dans les Intercités.

Ils sont en colère. Des usagers qui prennent tous les jours la ligne Le Havre-Rouen-Paris pour aller au travail disent faire face à des retards récurrents, et à des conditions de voyage désastreuses.

D'après le collectif "UsagersSNCF", créé en début d'année et qui compte aujourd'hui une soixantaine d'utilisateurs de cette ligne intercités, le service se dégrade et la SNCF ne réagit pas. Pour protester contre cet état de fait, certains voyageurs refuseront de montrer leur titre de transport dans l'Intercité.

Considéré comme une fraude, ne pas présenter son titre de transport est passible d'une amende minimum de 50 euros. Pour un trajet supérieur à 150 kilomètres, comme c'est le cas entre Le Havre et Paris, le contrôleur doit facturer le prix du billet majoré de 50 euros d'amende au contrevenant.

Mais, Elisabeth est prête à prendre ce risque. Depuis quatre ans, cette enseignante prend l'intercité à Rouen pour donner ses cours dans un lycée de banlieue parisienne. Ce matin, elle ne montrera pas son billet au contrôleur. Pour elle, c'est une solution pour se faire entendre.

"On a des retards qui sont quotidiens. Parfois c’est 5 minutes, parfois c’est 3h. Nous subissons chaque jour des suppressions de trains, nous sommes souvent assis dans les escaliers. Pour un forfait de 415 € par mois, c’est assez honteux."

"On comprend l'exaspération des passagers"

"Je pense que la meilleure solution, c’est dire je ne montre plus mon titre de transport, poursuit-elle. Aujourd’hui, j’en ai marre. Il faut que la SNCF améliore nos trajets quotidiens. Il y a quelques années, il y avait beaucoup moins de retards qu’aujourd’hui."

Jean-Claude Delarue est le président de l'association nationale SOS Usagers. Il comprend tout à fait que les voyageurs en colère en viennent à risquer une amende pour faire bouger les choses.

"Bien sûr, les usagers sont totalement exaspérés. On est serré pendant des temps de trajets qui sont interminables. On comprend totalement l’exaspération des passagers. Puisque nous sommes à 90 jours des élections régionales, c’est le moment ou jamais de faire pression sur les candidats pour leur demander d’intervenu tout de suite. Les pouvoir publics n’ont pas donné les crédits nécessaires pour entretenir correctement le réseau. "

Violette Voldoire