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Mutuelles étudiantes: "Il y a toujours des problèmes avec les remboursements"

Selon un rapport du Défenseur des droits rendu public ce mardi, plus d'un étudiant sur deux (57%) rencontre des difficultés pour obtenir un remboursement par sa mutuelle. Et à l'Université Paris X-Nanterre, les anecdotes à ce sujet foisonnent.

En décembre dernier, le Défenseur des droits Jacques Toubon lançait une vaste enquête auprès des étudiants à propos des mutuelles étudiantes. Le rapport issu de cette enquête a été rendu public. Et le constat est accablant: plus d'un étudiant sur deux (57%) rencontre des difficultés pour obtenir un remboursement par sa mutuelle. Autre chiffre marquant: près d'un étudiant sur quatre (23%) doit avancer ses frais de santé alors même que 1,7 million d'étudiants dépendent de la sécurité sociale des étudiants.

Et à l'Université Paris X-Nanterre comme ailleurs certains étudiants se font des cheveux blancs quand il s'agit d'aborder le sujet "santé". C'est le cas par exemple de Prisca, étudiante en psychologie. En effet, pendant que certains révisent leurs cours tranquillement assis dans l'herbe des jardins du campus, elle, huit mois après la rentrée, doit encore finaliser son dossier d'inscription. "J'étais sur la mutuelle de ma mère mais en arrivant ici on m'a dit qu'il fallait que je choisisse une assurance. J'ai choisi la LMDE (La mutuelle des étudiants, ndlr) mais j'ai appelé récemment et ils m'ont dit qu'ils n'avaient jamais reçu mon dossier. Je l'ai renvoyé mais je n'ai toujours pas de réponse…"

"J'ai attendu un an pour mes lentilles"

Conséquence: "On est à la fin de l'année et je n'ai toujours pas de mutuelle", constate-t-elle, dépitée. Pourtant, l'année ne s'est pas déroulée sans maux: "J'ai eu des rhumes, une otite… J'avais besoin de médicaments mais je n'ai pas osé aller chez le médecin de peur qu'il me dise de payer la consultation, qui est normalement gratuite pour moi".

Pour ceux qui parviennent enfin à s'affilier à une mutuelle, les ennuis ne sont pour autant pas terminés. "Il y a toujours des problèmes avec les remboursements. Souvent, il n'y a pas l'intégralité de tout ce qu'on a dépensé. Là, j'ai par exemple attendu presque un an avant de me faire rembourser des lentilles", témoigne Célia. Un cas loin d'être isolé donc selon le rapport du Défenseur des droits.

"Ce n'est pas de notre faute"

Mais pour Benjamin Chkroun, délégué général de l’Union nationale des mutuelles étudiantes, le problème ne vient pas des mutuelles. "Parfois les acteurs en amont ne font pas leur travail correctement. C'est à l'Université de transmettre les informations à la mutuelle. De même, quand un étudiant part du régime de ses parents pour se mettre au régime étudiant c'est au régime des parents de nous transmettre le dossier. Si on n'a pas ces informations, le dossier ne peut être traité. Ce n'est donc pas de notre faute mais celle de l'établissement qui transmet tardivement les informations".

Pour la Fédération des Associations générales étudiantes (Fage), quelques soient les responsables, le constat est dramatique et la solution doit être radicale : supprimer les mutuelles et intégrer les étudiants au régime général de sécurité sociale. "C'est plus simple pour l'administration et les étudiants. Tout le monde s'y retrouve, estime Alexandre Leroy, président de la Fage. En plus de cela, on améliore la qualité des services".

Maxime Ricard avec Amélie Rosique