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Noël dans la rue: "De l’attention, aussi important que de la nourriture"

Entre novembre 2013 et novembre 2014, le nombre de personnes qui ont appelé le 115 a doublé.

Entre novembre 2013 et novembre 2014, le nombre de personnes qui ont appelé le 115 a doublé. - AFP

TEMOIGNAGES RMC – Pour les sans-abris, les fêtes de fin d'année sont une période particulièrement difficile. RMC a rencontré Daniel, sans domicile fixe depuis deux ans et demi, dans la file d'attente d'une soupe populaire, à Paris.

Le nombre de sans-abris sans solution d'hébergement a "explosé" en un an. Selon la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS), le nombre de personnes qui ont appelé le 115 entre novembre 2013 et novembre 2014 a doublé: 4 000 en 2013, 9 000 en 2014.

Les fêtes, le calvaire des sans-abris

Pour les sans-abris, les fêtes de fin d'année sont une période particulièrement difficile. RMC a rencontré Daniel, sans domicile fixe depuis deux ans et demi, dans la file d'attente d'une soupe populaire, à Paris. Sa femme l'a quitté, avec sa fille. Il était fonctionnaire, il est aujourd'hui, à 52 ans, sans emploi.

Pendant ses journées entières dans le froid parisien, la chaleur des réunions de famille est un souvenir douloureux pour lui. Déjà deux hivers sans fêter Noël, sans réveillon avec ses proches. Dans les rues, il évite de regarder les décorations, les passants et leurs cadeaux...

Regards fuyants

"Dimanche, je suis allé à la Défense, et j’ai chialé, près de l’arbre de Noël, raconte-t-il. Et puis voir tous ces gens qui sont heureux… On les entend, les gens qui la fête, qui rigolent… Et nous, on est là, tout seul, dans la rue. Et, ça ne passe pas…"

Plus que le manque d'argent, ou de toit, ce sont les regards fuyants, en cette période de Noël, qui blessent Daniel.

"C’est pas de l’argent que je demande. C’est juste que l’on s’intéresse à nous, que l’on discute avec nous, que l’on ne soit pas comme des bêtes, par terre".

Petit verre de champagne

Le 25 décembre ne devrait pas être un jour comme les autres. Christian est bénévole dans une soupe populaire.

"On a un cadeau, il y a des chants de Noël, il y a un petit verre de champagne. On leur donne une heure, deux heures de notre temps. C’est aussi important que d’avoir de la nourriture".

Daniel, lui, espère retrouver un travail, prendre la place d'un des bénévoles qui le sert chaque soir, dans cette soupe populaire.

C. P. avec Pierre Rigo