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Nouveaux signalements d'enseignants pédophiles: "On attend quoi avant de bouger?"

C'est dans ce collège qu'un enseignant a été suspendu ce mardi

C'est dans ce collège qu'un enseignant a été suspendu ce mardi - DAMIEN MEYER / AFP

Une semaine après l'interpellation d'un directeur d'école près de Lyon, écroué pour viols sur plusieurs élèves, l'Education nationale a reçu de nouveaux signalements et a suspendu un autre enseignant près de Rennes. Ce mercredi sur RMC des parents d'élèves font part de leur colère.

L'affaire du directeur d'une école de l'Isère, écroué pour viols présumés sur plusieurs élèves après une première condamnation pour détention d'images pédopornographiques, a "libéré la parole", a déclaré mardi la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem. "Un certain nombre de cas nous sont signalés (...), ce qui est une bonne chose", a-t-elle ajouté sur Europe 1. Parmi eux, il y a le cas de ce professeur d'EPS d'un collège d'Orgères, une commune au sud de Rennes (Ille-de-Vilaine) qui a été suspendu ce mardi comme l'a annoncé le rectorat de l'Académie de Rennes.

Cette décision a été prise après que le rectorat a appris que l'homme avait déjà été condamné pour détention d'images pédopornographiques en 2006. Outre sa condamnation passée, le professeur fait également "l'objet d'une mise en examen, actuellement en cours, pour agression sexuelle sur mineur de 15 ans, dans un contexte familial".

"Ces enfants ont la vie foutue"

Mais pourquoi le rectorat et le ministère de la Justice n'ont-ils pas lancé d'alerte avant? Jean-Yves Bessol, directeur de l'Académie de Rennes, assure dans Bourdin Direct n'avoir appris la mise en examen du professeur que vendredi dernier: "Aucun élément spécifique connu du système éducatif, du rectorat ne permettait de penser et de savoir qu'il pouvait y avoir difficulté. En règle générale, on nous explique clairement et par écrit que l'intéressé ne peut pas être au contact de mineurs. Ce qui n'était pas le cas, ni pour l'affaire de 2006, ni pour l'instruction en cours".

Interrogée par RMC, Véronique, mère d'Anaïs qui a eu ce professeur en classe d'EPS, se dit furieuse que le rectorat n'ait rien fait avant. "Quand ils ont des données comme ça, c'est malsain de ne pas bouger avant ! Ce seraient leurs enfants à eux, à tous ces gens qui restent le c… sur leur chaise, comment réagiraient-ils ?", s'emporte-t-elle dans Bourdin Direct. "On attend quoi avant de bouger ? Qu'il y en ait d'autres ? Ces enfants-là ont la vie foutue. Nous, quand on cherche du travail, on nous demande bien des extraits de casier judiciaire alors à quoi servent toutes ces choses-là ?", poursuit-elle, très remontée.

Une garde à vue en Moselle

Sur RMC, Laurent est lui aussi très inquiet car sa fille avait cours avec cet enseignant. Elle lui avait déjà parlé de lui. "Notre fille n'a pas eu de problème donc on est un peu soulagés mais c'est plus pour les autres parents… Rentrer dans les vestiaires des filles en frappant et en entrant en même temps, sans attendre que les filles se cachent ou ne se rhabillent cela ne se fait pas dans l'Education nationale ni où que ce soit. Ce sont des choses qui ne se font pas quand on est professeur de sports. Il y a un minimum de respect à avoir", fustige-t-il.

A noter enfin que ce mardi un enseignant de 60 ans d'un collège de Marly (Moselle) a été placé en garde à vue pour des "propositions déplacées" à une élève, avant d'être remis en liberté dans l'attente d'investigations complémentaires, selon des sources policière et judiciaire.

Maxime Ricard avec Amandine Dubiez