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Octogénaire expulsée par son fils: "Je le renie complètement"

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TEMOIGNAGE RMC - Micheline, 86 ans, va devoir quitter la maison où elle vit depuis près de 40 ans à Verdun (Meuse), la justice ayant donné raison jeudi à son propriétaire qui souhaite la faire expulser, alors même qu'il est son propre fils. Elle s'explique ce vendredi sur RMC.

C’est un combat qui dure depuis trois ans. "Une trahison" comme le dit Micheline, 86 ans. Ce jeudi, son fils Jean-Luc a gagné: elle va devoir quitter la maison qu’il a acheté et dans laquelle elle habitait depuis 42 ans. Ainsi en a décidé la cour d'appel de Nancy. Pourtant, Jean-Luc s’était engagé à loger sa mère jusqu’à la fin de ses jours dans cette maison située à Verdun (Meuse). Sauf qu'entre-temps, il a déménagé en République Dominicaine, s’est remarié, a contracté des dettes et a eu besoin de récupérer l’argent de cette maison.

"Ça fait mal quand même"

Jean-Luc a donc décidé de la mettre en vente pour 125 000 euros. Une décision incompréhensible pour sa mère. "Je n'admets pas qu'un fils mette sa mère dehors après les promesses faites. Il n'arrêtait pas de répéter 'T'as vu ce que j'ai fait pour ma mère', 'Elle finira ses vieux jours ici', 'C'était une maison que mon père devait acheter'… Alors moi j'y croyais, bien sûr…", raconte-t-elle, dépitée. "Mais de voir tout ce qu'il me tombe… Ça fait mal quand même", poursuit-elle.

Dans cette histoire, Micheline est soutenue par ses trois autres fils. Ils ont même proposé à Jean-Luc de racheter son bien 85 000 euros. Mais rien à faire, l’offre était plus alléchante ailleurs. Joël, l'un d'entre eux, se dit écœuré par la situation: "On a du mal à accuser le coup. On a essayé de la rassurer car vous imaginez bien qu'on ne va pas la laisser à la rue. C'est quand même incroyable de penser qu'un fils vous expulse de sa maison. C'est ce manque de moralité d'un fils par rapport à sa mère qui est impensable et inacceptable".

"J'attends que des CRS viennent…"

"Ce n'est pas que je lui en veux mais je le renie complètement, avoue, attristée, Micheline. J'ai dit à mes enfants que même s'il m'arrivait quelque chose je ne veux absolument pas qu'il vienne me voir". Elle ajoute, fâchée: "Surtout qu'on a tout sacrifié pour lui. Il a voulu être cuisinier, on lui a donné une situation comme on fait pour ses enfants, bien sûr".

"C'est une chose qu'on ne fait pas à sa mère, certifie encore Micheline. Si son père était là, mon Dieu… Il passerait un sale quart d'heure pour le mal qu'il me fait. Parce que ça il m'en fait du mal". A l'heure actuelle, l'octogénaire réfléchit à porter l’affaire en cassation. Mais quoiqu’elle fasse, cela ne changerait rien au fait qu’à partir de ce matin, le préfet peut décider à tout moment d’expulser Micheline. Pas de quoi la résigner pour autant: "Pour l'instant, je ne bouge pas de là. On verra bien… J'attends que des CRS viennent et me mettent sur le trottoir".

Maxime Ricard avec Guillaume Chièze