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On n'avait pas vu venir François Fillon à de tels niveaux

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François Fillon est arrivé largement en tête de la primaire de la droite et du centre avec 44,2% des voix devant Alain Juppé (28,3%) et Nicolas Sarkozy (20,8%). Les instituts de sondage n'avaient pas mesuré l'ampleur de la vague Fillon. Yves-Marie Cann de l'institut de sondage Elabe revient sur le parcours du vainqueur de ce premier tour.

"On n'avait pas vu venir François Fillon à de tels niveaux. Il est maintenant à 44% à l'heure où nous nous parlons, on est sur un résultat nettement supérieur à ce qui avait été mesuré dans les derniers sondages. Les derniers sondages vendredi soir mettaient au coude à coude Sarkozy, Juppé et Fillon aux alentours des 30%.

Le résultat tel qu'il apparaît ce soir n'avait pas été mesuré. En revanche les résultats de ce soir confirment la forte poussée de François Fillon qu'on a mesuré en fin de campagne. Il faut se rappeler qu'il y a 3 ou 4 semaines, François Fillon était mesuré au même niveau que Bruno Le Maire autour de 10-11%. La veille du deuxième débat, il était monté à 15% et dans l'enquête que nous avons publiée en milieu de semaine, il était à 20%, donc en l'espace de 3 semaines il a progressé de 10 points.

Les derniers sondages ont montré que cette dynamique s'amplifiait, et force est de constater que cette dynamique est quasi exponentielle par rapport aux dernières enquêtes.

"François Fillon a tiré parti des trois débats"

Ce qu'on a vu au cours de la campagne, c'est que François Fillon a tiré parti des trois débats organisés avant le premier tour. A la fin du troisième débat, François Fillon apparaissait le plus convaincant des candidats pour les sympathisants de la droite et du centre largement devant Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Il a enclenché une dynamique et il y a eu un effet boule de neige par rapport à ce qui a été mesuré. Le surcroît de participation à cette primaire a avant tout profité à François Fillon. Il est probable aussi que certains électeurs aient changé d'avis au dernier moment.

On a observé une amorce de décrochage pour Alain Juppé mais qu'il restait en position de se qualifier au second tour. L'écart avec François Fillon est très important, il sera difficile de le combler au second tour. Alain Juppé paie une campagne sans doute pas assez offensive. Lors des débats il cherchait plutôt à éviter l'incident de parcours mais force est de constater que face au phénomène Fillon le capital potentiel d'un point de vue électoral n'y a pas résisté".

Propos recueillis par Paulina Benavente