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Paris, 2e ville la plus bruyante d'Europe: "Des zones calmes sont absolument nécessaires"

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Selon une étude internationale, Paris serait la 2e ville la plus bruyante d'Europe. Au-delà de l'inconfort, cette pollution sonore aurait des conséquences néfastes sur la santé.

Klaxons, moteurs de voitures, de motos, sonneries de téléphones, bruits métallique en tout genre : la pollution sonore représente le quotidien des citadins. Selon une étude internationale réalisée par GFK Eurisko pour Amplifon, la capitale française est particulièrement touchée. Menée dans 11 pays et 47 grandes villes, le constat est sans appel : après Naples, Paris est la ville d'Europe la plus "polluée sonore", et donc la première capitale.

Invisible, sournois, parfois insupportable: en ville, le bruit est partout, les oreilles des citadins ne se reposent jamais. Certains incriminent les motos, d'autres les klaxons. Mais le constat reste le même : "A la fin de journée c'est quand même fatiguant", regrette un Parisien.

Aucun citadin n'échappe à la rumeur de la ville. Françoise, comme beaucoup de Parisiens, habite dans un vieil appartement. Ses fenêtres donnent sur une avenue très bruyante. Elle a pris l'habitude de ne plus les ouvrir. "Les motos font des pétarades incroyables. Ça m'énerve!"

"Se donner des moments calmes"

Maux de tête, difficultés à se concentrer, troubles du sommeil : la rumeur de la ville a des conséquences bien réelles sur la santé. Pour Richard, qui vit dans immeuble des années 50, mal insonorisé, la pollution sonore vient des voisins.

"Quand un bonhomme au douzième étage, a oublié de fermer son robinet a coulé jusque à 6 heures du matin vous l'entendez au deuxième étage" peste-t-il. Pour se détendre, il n'a trouvé qu'une solution. "Ne pensez à rien. Mettre ses écouteurs pour ne pas entendre le bruit des voitures."

Selon l'agence européenne de l'environnement, la pollution sonore serait responsable de 10.000 morts par an en Europe.

"L'oreille n'a pas de paupière, ce qui signifie qu'on n'arrête pas d'entendre", explique Christian Hugonnet, acousticien et président de La Semaine du Son, qui alerte chaque année sur l'importance d'une meilleure connaissance et prise en compte de la pollution sonore. "A aucun moment, il n'y a une remise à zéro. Dans une ville comme Paris, nous sommes enveloppés de cette rumeur de la ville permanente.

"Cet environnement sonore à des conséquences sur la santé et sur le stress", poursuit-il. "Il faut être conscient que cela joue sur notre manière de nous comporter. Il va falloir se donner des moments calmes pour pouvoir respirer un petit peu. Il faut aussi que les architectes se donne cette capacité de donner des zones calmes qui nous sont absolument nécessaires."

Amélie Rosique