RMC

Pédophile piégé sur Facebook: "Tu me plais de plus en plus même si tu es petite"

Témoignages RMC. Une adolescente de 14 ans, originaire d'Antibes (Alpes-Maritimes), a permis l'arrestation d'un homme de 41 ans qui l'avait draguée via Facebook. La jeune femme et sa mère se confient ce mardi matin à RMC.

Sordide histoire à Antibes (Alpes-Maritimes). Tout a commencé jeudi dernier lorsque Margot (prénom d'emprunt), tout juste âgée de 14 ans, est contactée via Facebook, en message privé, par un homme de 41 ans qui prétend en avoir 28. Dès les premiers échanges, celui qui dit s'appeler Valentin lui fait des avances avec des propos plus qu'explicites: "Tu voudrais pas sortir avec un vrai mec ?". Effrayée, la jeune fille alerte sa mère, Cristina, qui décide de reprendre l'échange.

"Il pensait que j'avais 17-18 ans"

"Quand j'ai vu la discussion avec ma fille, je me suis inquiétée, je me suis dit qu'il était impossible qu'il soit si jeune. J'ai eu un pressentiment de maman c'est pour ça que je suis entrée en contact avec lui, témoigne ce mardi cette mère de famille sur RMC. Il pensait que j'avais 17-18 ans ce à quoi j'ai répondu que j'étais beaucoup plus jeune, que j'avais à peine 14 ans".

Ce qui ne rebute pas l'homme qui continue sa drague et écrit notamment: "Tu me plais de plus en plus même si tu es petite". "Il disait aussi qu'il avait une belle voiture, une décapotable, pour appâter ma fille. Mais il ne savait pas que c'était moi derrière", raconte Cristina dans Bourdin Direct. Ensuite, "il a été de plus en plus explicite, me disant qu'il était romantique et me proposant de se voir un soir à l'hôtel. Il a aussi commencé à dire: 'Tu verras, tu m'aimeras… Je suis quelqu'un de bien… Je t'aime déjà… Bisous mon bébé…'".

"On se serait cru dans un film"

Tout en dialoguant avec l’homme, Cristina contacte un ami policier. Finalement après quelques heures de dialogue, rendez-vous est pris pour le lendemain (vendredi dernier donc) à 10 heures, devant un McDonald's d'Antibes. Et le plan est rondement mené: Valentin explique à Margot qu'elle devra monter dans une voiture dont les clignotants seront en marche.

A l'heure prévue, la jeune fille sert elle-même d'appât et se rend seule au point de rencontre : sa mère et plusieurs policiers en civil surveillent la scène. "Ma fille était toute seule, entourée des inspecteurs venus incognito. Ils étaient armés, avec des gilets pare-balles. On se serait cru dans un film", se souvient Cristina. Quand la voiture arrive, le piège se referme: l'adolescente s'en va et la police surgit pour arrêter l'homme.

"J'ai peur qu'il me retrouve"

"J'ai eu vraiment très peur parce que c'est quand même bizarre que quelqu'un me contacte alors que je n'ai rien demandé", rapporte Margot à RMC. A-t-elle pour autant réalisé ce qui se passait? "Pas pendant la conversation, non. Mais c'est quand il est venu au rendez-vous que je me suis rendu compte que ce n'était pas quelqu'un de bien. J'ai vraiment eu peur…", confie l'adolescente.

"Pour moi, il est inconcevable qu'une personne comme ça soit en liberté. Pour ma fille, pour toutes les autres filles, les autres enfants, cette personne est un danger", s'emporte de son côté Cristina. Et de se montrer protectrice: "Margot c'est mon bébé, c'est pas le bébé d'un pervers". Pour autant le cauchemar ne semble pas terminé pour Margot: "Comme il est ressorti, toute la peur que j'avais est revenue. Car comme il sait que je suis dans les alentours, j'ai peur qu'il me retrouve…"

Maxime Ricard avec Elodie Messager