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Pédophilie: la famille d'une victime du directeur de Villefontaine se confie

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Trois semaines après les révélations sur le directeur d'école de Villefontaine (Isère), RMC a recueilli le témoignage d'une nouvelle famille de victime de cet homme, déjà mis en examen pour viols aggravés sur 11 élèves.

Il y a trois semaines, l'information faisait l'effet d'une bombe. Le directeur d'une école primaire à Villefontaine, en Isère, venait de passer la nuit en garde à vue. L'homme, père de famille de 45 ans et instituteur dans une classe de CP, était soupçonné de viols répétés sur plusieurs enfants scolarisés dans l'établissement. Depuis, il a été mis en examen pour viols aggravés sur 11 élèves et révoqué de l'Education nationale. Mais ce lundi, sur RMC, une nouvelle famille de victime a accepté de témoigner. La maman et la sœur d'une petite fille qui aurait été victime des agissements de ce directeur-professeur d'école.

Un atelier du goût, les yeux bandés, cachée derrière des cartons, la fille de Nathalie, âgée de 8 ans à l'époque, se souvient de tout. Mais quatre ans après, les faits sont très douloureux à évoquer selon sa maman. "Les enseignants m'ont fait part de ce que je craignais. Ils m'ont confirmé qu'ils l'ont trouvé un peu abattue… Elle en a marre, elle veut qu'on la laisse tranquille avec cette histoire… Je sais que c'est à cause de ça qu'elle ne va pas bien", confie cette mère de famille dans Bourdin Direct.

"Elle arrive à saturation"

Dans cette affaire, les faits remonteraient à l'année scolaire 2011-2012, à Saint-Clair-de-la-Tour (Isère), c'est-à-dire trois ans avant les soupçons de viols dans l'école de Villefontaine. Preuve s'il en est que ce directeur d'école aurait agi dans plusieurs établissements.

Eloïse, grande sœur de cette fillette âgée aujourd'hui de 12 ans, revient aussi sur ces terribles faits: "Au début, elle a réussi à nous exprimer ce qu'il s'était passé lors de cette journée du goût. Mais à force d'en parler, elle arrive à saturation… Elle est fatiguée… Depuis que sa mère a porté plainte, on sent qu'elle est n'est pas bien… Elle est triste… Elle ressent plus le mal-être maintenant que tout est engagé".

"On a lâché un prédateur"

Aujourd'hui, pour que sa fille se sente mieux, Nathalie demande à l'ancien directeur de tout avouer: "Il faut qu'elle le sache pour se reconstruire plus tard. Parce que là, à la préadolescence, c'est déjà compliqué pour elle… Elle va rentrer en 6ème, il va y avoir les petits amis…". Et d'assurer: "Cela va être dur pour nous quand il va avouer mais au moins on saura". Cette maman souhaite aussi que l'Etat reconnaisse ses erreurs dans ce dossier. "Aujourd'hui, nous, nous sommes en colère contre la justice et l'Education nationale qui n'a pas fait son travail. On a lâché un prédateur et on lui a présenté une classe: 'Tu en as 28-29, vas-y sers-toi'. Ça, ça ne passe pas", s'emporte-t-elle sur RMC.

Mais une nouvelle épreuve attend la jeune fille: elle sera en effet entendue ce jeudi par les gendarmes en charge de l'enquête. "Elle appréhende car elle va devoir mettre des mots sur des choses qui étaient enfouies. Elle va devoir s'expliquer sur tout ça et pour une gamine de 12 ans ce n'est pas simple à vivre", explique Eloïse qui raconte aussi comment se porte sa petite sœur aujourd'hui: "Je suis là pour la soutenir, lui changer les idées et elle en fait la demande. Elle veut sortir, voir plus de copines. Elle est plus désireuse par exemple d'aller au cinéma parce que je pense que ça la déconnecte et lui permet d'oublier un petit peu toute cette histoire".

Maxime Ricard avec Gwenaël Windrestin