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Centenaire 14-18: le Boléro de Ravel, tout un symbole

On a pu l’entendre ce dimanche lors de la commémoration du centenaire de l’armistice. Le Boléro de Ravel est sans doute l’une des œuvres les plus célèbres de l’histoire de la musique. Et comme toute célébrité, l’œuvre est chargée d’histoires et d’anecdotes.

Elle est l’œuvre la plus écoutée au monde, première au classement des droits versés par la Sacem, et pourtant elle a bien failli ne jamais exister.

C’est l’une des amies de Ravel, Ida Rubistein, une ancienne danseuse étoile des Ballets Russes qui demande au compositeur d'écrire une musique sur laquelle elle pourrait danser. Elle aimerait un ballet dans le goût espagnol. Ravel pense alors à cette danse à trois temps, venue de l'Espagne: le Boléro.

L’œuvre est née sur la côte basque, alors que Ravel y séjourne à l’été 1928, il tapote une mélodie au piano. Et choisit surtout comme socle une cellule rythmique.

Une répétition de 16 mesures

La réussite de la pièce repose sur la répétition obsédante de 16 mesures reprise par les instruments successifs. Une mélodie entêtante, lancinante, qui monte et qui prend, à tel point que Ravel lui-même la qualifie de musico-sexuelle.

Le succès est immédiat et ne se dément pas depuis. Reprise et réarrangé pour du jazz, du rap ou même de l’électro et du mambo. Georges Lucas a hésité à en faire le thème de Star Wars.

Pourtant, Maurice Ravel l’a toujours dénigré: "Mon chef-d’œuvre est vide de musique. N’importe quel élève du conservatoire devrait réussir aussi bien que moi".

Matthieu Rouault (avec P.B.)