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Dominique Besnehard, créateur de la série "Dix pour cent", une vie entre ombre et lumière

LE PORTRAIT DE POINCA - Dominique Besnehard, le célèbre agent d'acteur, va produire une cinquième saison de “Dix pour cent", la série inspirée par sa vie.

C’est un paradoxe. Le métier de Dominique Besnehard, agent artistique, c’est le métier de ceux qui restent dans l’ombre des acteurs. Sauf lui ! Lui est devenu une star en tirant les ficelles du cinéma, en découvrant des talents comme Béatrice Dalle, Juliette Binoche, Richard Anconina. En étant l'impresario, le confident, le meilleur ami d’Isabelle Adjani, de Sophie Marceau, de Jeanne Moreau…

Pendant 20 ans, il a pratiqué ce métier chez Art média, l’agence qui faisait la pluie et le beau temps dans le cinéma. Crée par Gérard Lebovici, intellectuel-éditeur d'extrême gauche qui avait convaincu toute les stars de l’époque de travailler avec lui mais finira assassiné dans un parking en 1984.

Et c’est donc Art Media qui a inspiré à Dominique Besnehard Dix pour cent, une série sur l’envers du décors qui raconte les contrats, les coups bas, les caprices. Avec dans chaque épisode une star qui joue son rôle avec beaucoup d’autodérision. Les quatre saisons ont cartonné sur France 2, puis aux Etats-Unis, puis dans le monde entier en étant repris par Netflix.

Bientôt un film, puis une 5e saison

Une consécration pour Besnehard qui en est l’inspirateur et le producteur. L’homme de l’ombre qui ne reste pas dans l’ombre a aujourd’hui 67 ans. Il est passionné par l’actualité, très curieux des autres, très généreux.

Il a beaucoup d'histoires à raconter, mais il a aussi un mauvais souvenir: son engagement auprès de Ségolène Royal lors de la campagne de 2007. Il avait relooké la candidate socialiste, lui avait organisé les meetings people au Zénith et à Charléty. Elle parlait de lui comme de son “cadeau tombé du ciel”. Et lui se voyait comme son d’Artagnan qui veillait au grain.

Et puis les histoires d’amours terminent mal, en général. Ségolène Royal l’a congédié par communiqué en écrivant: "J’invite Dominique Besnehard à cesser de s’attribuer un rôle politique qu’il n’a pas."

Dans ses mémoires, Besnehard écrit: "Personne ne m’avait jamais fait ça. C’était violent, douloureux, monstrueux, humiliant". Et il ajoute: "Je l’aimais". C’est l’histoire d’un grand sensible. 

Nicolas Poincaré (avec J.A.)