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Johnny Rock, sosie de Johnny, déjà très sollicité: "C'est indécent, ça ne se fait pas le jour de sa mort"

Johnny Rock

Johnny Rock - Site officiel Johnny Rock.

Quel avenir attend les (innombrables) sosies de Johnny Hallyday? Pour Johnny Rock, son plus ancien alter ego, à la manoeuvre depuis 1984, pas question de poser le micro: il s'est promis de continuer, coûte que coûte. Extrêmement sollicité depuis la mort de son idole, il témoigne pour RMC.fr.

Denis Le Men, alias Johnny Rock, est sosie de Johnny Hallyday.

"Mercredi matin, je dormais, il était 4 heures du matin, mon téléphone n'arrêtait pas de sonner. Je me suis dit que c'était inquiétant, quand même, que ça sonne autant. J'ai écouté les messages de nombreux fans qui m'annonçait la mort de mon idole. Avec toutes les rumeurs qu'il y a eues, au début je n'y ai pas cru. Mais j'ai allumé la télé, et là, j'ai compris. Ça tournait en boucle. C'était vrai. Evidemment, on s'y attendait, mais on s'attendait au miracle aussi. Johnny, il est passé à travers tellement de choses. Il est solide. il va encore s'en sortir. Malheureusement, non. On est tous mortels.

"J'étais le premier sosie de Johnny"

J'ai perdu grand. Un être exceptionnel. Il représentait tout. J'ai commencé à aimer Johnny en 1966, j'avais onze ans. Il m'a toujours apporté quelque chose. Que du bonheur. A travers ses chansons, son histoire, ce qu'il a traversé, son mode de vie, le rock'n'roll, la moto, la Harley, les belles voitures, l'Amérique...

Très jeune, très vite, je me suis vu en lui. Gamin, j'imitais déjà Johnny pour mes copains à l'école. Ça me plaisait. Je le faisais avec mes petits moyens à l'époque. Petit à petit, c'est monté en gamme. En 1984, c'est devenu mon métier. J'étais le premier sosie de Johnny. Les autres sont arrivés longtemps après.

"Le personnage le plus difficile à imiter"

J'avais une base de ressemblance, j'ai travaillé le look, le personnage, sa façon de marcher, de parler, d'être sur scène, c'est devenu automatique. Ensuite, sa voix a tellement évolué. Elle était fluette quand il était jeune, et de plus en plus rauque. Johnny Hallyday, c'est peut-être le personnage le plus difficile à imiter, tant pour la voix que pour la gestuelle. Il ne fait pas que chanter. Il bouge, il déambule, on transpire, c'est épuisant.

C'est la même chose que pour Claude François. Claude François n'est jamais mort, il est toujours là, par ses sosies. Comme pour Johnny, il y en a trois ou quatre qui sont vraiment très bons. Le reste, c'est pas bon. Des Johnny, c'est pareil: on se dit, en les voyant qu'il y a du travail…

"Ca ne se fait pas, le jour de la mort de Johnny"

Depuis son décès, mon téléphone n'arrête pas. J'ai de la demande, incroyable, incroyable. J'ai beaucoup de clientèle, je l'ai accumulée depuis des années, et il y a des gens qui refont surface, qui ne m'ont pas fait travailler depuis un an, deux ans... Ils reviennent, me disent que le grand n'est plus là, qu'ils ont besoin de moi, que je dois le faire revivre… Hier c'était pour Bordeaux, j'en ai eu en Bretagne, dans le sud de la France, dans des campings… Il y en a un qui m'a rappelé à Cholet, ça faisait cinq ou six ans qu'il ne m'avait pas fait travailler.

C'est indécent, ça ne se fait pas le jour de la mort de Johnny. Je les ai mis de côté et j'y répondrai après les obsèques de samedi. Ils auraient dû laisser passer un peu de temps. Là, c'est profiter de la situation.

Johnny Hallyday, c'est ma vie, mon amour, j'en suis fou. Je me suis promis que s'il arrivait malheur à Johnny, je continuerai jusqu'à ce que je ne puisse plus. J'espère qu'il survivra un peu à travers moi. A travers moi, je ferai le meilleur pour que Johnny soit toujours là. C'est Jean-Philippe Smet qui est mort. Ce n'est pas Johnny."

Propos recueillis par Paul Conge