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Opération controversée de police à Nantes: un homme toujours porté disparu, l'IGPN saisie

Trois jours après la Fête de la musique, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie après une opération de police controversée à Nantes, où 14 personnes sont tombées dans la Loire au cours de la nuit tandis qu'un homme est toujours porté disparu.

Que s'est-il passé le soir de la fête de la musique à Nantes? 14 personnes sont tombées dans la Loire après une charge de la police. Un homme est toujours porté disparu.

La situation a dégénéré au moment de couper le son. Les DJs ont l'autorisation tacite de jouer jusqu'à 4h du matin, pas au-delà. Or, vers 4h30, au moins un DJ mixe encore sur le quai du président Wilson. La police intervient. Plusieurs centaines de participants sont encore sur place. La tension monte. Et c'est là que les versions divergent. La préfecture affirme que les policiers sont pris à partie, ciblés par des jets de projectiles. Et qu'ils ripostent avec du gaz lacrymogène.

L'IGPN saisie

De nombreux témoins affirment, eux, que la police fait usage de LBD sur la foule provoquant un mouvement de panique. Plusieurs tombent alors dans la Loire. L'IGPN, qui a été saisie, devra déterminer dans quelles conditions. Tout au long de la soirée, les pompiers ont secouru 14 personnes tombées à l'eau.

La police a lancé un appel à témoins pour retrouver un jeune homme, toujours porté disparu.

L'association nantaise Media'Son s'interroge sur l'opportunité d'une intervention de police "aussi vive" à proximité d'un fleuve réputé dangereux, alors même que le quai n'est pas équipé de garde-corps.

De son côté la police estime que la responsabilité des organisateurs est engagée:

"C'est une rave party qui était organisée en marge de la Fête de la musique. Ce n'est pas la première fois qu'elle est organisée sur ce lieu. Ce qui nous interpelle à chaque fois, c'est pourquoi organiser ce type de manifestation sur les quais de Loire avec tous les risques que cela peut comporter. Il n'y a pas de garde-corps à ce niveau-là. Ce sont à ceux qui organisent la manifestation de prendre ce risque en compte. Ils n'ont pas mesuré la dangerosité du site", a estimé Laurent le Tallec, délégué Unsa police de la zone ouest.
Marion Dubreuil avec Paulina Benavente