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Qui est le garde républicain qui a fait vibrer le Stade de France?

Jean-Michel Mekil et ses collègues de la musique de la Garde républicaine.

Jean-Michel Mekil et ses collègues de la musique de la Garde républicaine. - Capture TF1

La musique de la Garde républicaine a entonné mardi soir au Stade de France Don't look back in anger, du groupe britannique Oasis, pour rendre hommage aux victimes des attentats de Manchester et de Londres, reprise en chœur par les supporters britanniques. Un moment d'émotion pour Jean-Michel Mekil, maréchal des logis-chef, qui a interprété le morceau au chant et à la guitare.

La guitare électrique tranchait radicalement avec l'uniforme de garde républicain. Mardi soir au Stade de France, Jean-Michel Mekil, maréchal des logis-chef, et la musique de la Garde républicaine ont rendu un vibrant hommage aux victimes des attentats de Manchester et de Londres à l'occasion d'une rencontre amicale entre l'équipe de France de football et l'équipe d'Angleterre. Moment d'émotion quand l'un des membres de la formation musicale a entonné seul à la guitare Don't look back in anger, du groupe Oasis, accompagné par des dizaines de milliers de supporters anglais, pour certains en larmes.

"C'était un grand moment pour tous les gens dans le stade, particulièrement émouvant", confie au lendemain de sa prestation Jean-Michel Mekil.

Un hommage "à l'anglaise"

Dans un Stade de France archi-complet et devant des millions de téléspectateurs, le militaire de la Garde républicaine s'est retrouvé seul dans son uniforme impeccable et avec sa guitare électrique. Une image détonante pour la formation musicale plus habituée aux ors de la République et aux hymnes nationaux. "La Fédération française de football nous a demandé après l'attentat de Manchester si nous pouvions jouer cette musique", détaille le sous-officier. "C'est une chanson rock faite pour être jouée par quatre personnes."

La musique de la Garde républicaine, qui appartient au 1er régiment d'infanterie, s'est alors prêtée à quelques essais avec de nouvelles orchestrations. "Puis le chef de la musique s'est demandé s'il y avait un intérêt à intégrer un chanteur et une guitare", poursuit Jean-Michel Mekil. "Il savait que la guitare était l'un de mes passe-temps et que j'avais participé à différents projets de groupes pop ou rock." Car l'objectif était clair: pour rendre hommage aux victimes du terrorisme, interdiction de réaliser une prestation "à la française". Il ne restait alors qu'une petite dizaine de jours pour atteindre l'objectif.

Rêve et fierté

Le maréchal des logis-chef a débuté la guitare quand il avait 17-18 ans. Originaire de la région Nord, le jeune homme apprend seul à l'époque, notamment pour pouvoir s'accompagner au chant pour passer le CAPES, le certificat permettant d'enseigner au collège ou au lycée. Plus jeune, il a donné également quelques représentations dans des bars à Lille et à Paris. Si le trombone, qu'il pratique au sein de la musique de la Garde républicaine, reste son instrument fétiche, Jean-Michel Mekil révèle, non sans une petite fierté, avoir réalisé un rêve.

"C'est un peu le rêve de tous les guitaristes", s'amuse-t-il.

Un rêve qui lui a coûté quelques sueurs froides? "Se retrouver devant 80.000 personnes, devant le président de la République, devant des délégations étrangères, c'est un moment assez vertigineux", poursuit ce père de famille de 43 ans. Face à la pression, Jean-Michel Mekil a préféré se concentrer sur la musique, "moins sur l'émotion". "Je ne suis qu'une voix anonyme pour rendre hommage aux victimes des attentats de Manchester et de Londres", estime-t-il avant de conclure sur la "fierté" ressentie d'avoir participé à ce projet et d'avoir montré une facette différente de la Garde républicaine.

Justine Chevalier