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Philippe Juvin : "Le ministre de la santé est inefficace"

Invité politique de la Matinale Week-End de RMC, le conseiller santé de Valérie Pécresse, Philippe Juvin, a critiqué le bilan en matière de santé du gouvernement et déclare ne pas savoir si cette vague de Covid-19 est la dernière.

Une cible de choix. Invité de la nouvelle Matinale Week-End de RMC, Philippe Juvin, conseiller santé de Valérie Pécresse, a tiré à boulets rouges sur le ministre de la Santé, Olivier Véran: "Le ministre de la Santé est inefficace. Un ministre de la Santé, ça ne fait pas que commenter, ça prend des mesures."

L’ancien candidat au congrès des Républicains s’en est pris aussi à la communication gouvernementale autour du Covid-19. Est-ce que le pire est derrière nous ? Le chef des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris ne le sait pas: "Ça fait deux ans qu’on est dans l’épidémie et ça fait deux ans qu’on nous dit que le pire est derrière nous. La parole publique doit être crédible. Je ne sais pas si le pire est derrière nous. Comme tout le monde, je l’espère, mais je ne le sais pas. Attention aux fausses bonnes nouvelle : si dans trois semaines, dans trois mois, il y a un nouveau variant, qu’est-ce qu’on va dire aux Français? Qu’on leur a raconté des carabistouilles?"

« Retrouver un système de santé robuste »

En cas d’élection de Valérie Pécresse, une grande réforme de l’hôpital serait prévue, selon Philippe Juvin: "Il faut ouvrir des lits de réanimations, cesser de fermer des lits, explique-t-il. Il y a des gens qui ne peuvent pas être hospitalisés car ces lits sont fermés. Il faut retrouver un système de santé robuste. J’ai l’impression de parler dans le désert. On va renforcer le système de santé et pour cela, il faut faire un choc de formation."

>>> Réécoutez l’interview politique de la Matinale Week-End en intégralité

Appliquer immédiatement la loi de 2005

Interpellé par une auditrice sur la question du handicap, Philippe Juvin a défendu le bilan de la droite et pointé l’inaction des politiques depuis dix ans, sous la pression des lobbies: "En 2005, on avait décidé de rendre accessible tous les espaces publics. Depuis, on a eu François Hollande et Emmanuel Macron. La loi a été revue et ils ont repoussé son application aux calendes grecques. Il y a un tas de lobbies qui se sont mobilisés."

Une loi repoussée et un deux poids, deux mesures que le médecin souhaite combattre au quotidien: "On avait décidé une mise en application sur une quinzaine d’années. Du coup on a des maires qui appliquent la loi initiale et d’autres qui ne se sentent pas concernés. Dans ma ville, il n'y a pas une seule rue où je ne me pose pas la question de l'accessibilité et où je ne la résous pas. Il faut tout simplement appliquer la loi."

Sarkozy et défections

La droite reste dans le doute. L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, n’a toujours pas officiellement soutenu la candidate LR. Mais Philippe Juvin en est persuadé, ce n’est qu’une question de temps. "Nicolas Sarkozy a été un grand président de la République et a permis à la droite de retrouver une colonne vertébrale. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il soutiendra sa famille politique. Il l’a toujours fait."

Pas d’inquiétude non plus sur la question des défections. Si Guillaume Peltier a quitté LR pour rejoindre la campagne d’Eric Zemmour, ce n’est qu’un épiphénomène pour le Maire de la Garenne-Colombes : "Dans toutes les campagnes électorales, il y a toujours des gars qui trouvent plus intéressant de changer de camp. Mais c'est l'écume. Le vrai sujet c'est le projet qu'on défend."

Maxime Martinez