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Plaintes contre des centres dentaires low-cost: "J'ai perdu 20.000 euros sans avoir de soin"

Vue d'un centre de soins dentaires low-cost (photo d'illustration).

Vue d'un centre de soins dentaires low-cost (photo d'illustration). - Philippe Merle - AFP

Plus de 1.000 patients ont porté plainte pour escroquerie contre des centres de soins dentaires low-cost, selon l'Ordre national des chirurgiens-dentistes. Des patients qui ont avancé les frais sans obtenir de soins, après la faillite de leur centre. RMC a rencontré Rosario et Joséphine, deux patients escroqués.

Ils pensaient se faire soigner les dents mais ont perdu définitivement le sourire. D'après l'Ordre national des chirurgiens-dentistes, plus de 1.000 patients sur tout le territoire auraient porté plainte contre les centres de santé dentaire low-cost qui proposent des soins dentaires à bas coût. Des centres qui demandent souvent d'avancer la totalité des frais et qui sont de plus en plus nombreux à faire faillite du jour au lendemain, laissant les patients sans soin.

"La santé, ce n'est pas du low-cost !"

Une mésaventure qui est arrivée à Rosario. Ce marseillais de 55 ans est atteint d'une maladie des gencives. Il y a un an, il a payé par avance 20.000 de frais dentaires dans l'un de ces centres low-cost. Des soins dont il n'a jamais vu la couleur car du jour au lendemain, la société gestionnaire du centre a fait faillite. "C'est une grosse escroquerie : j'ai perdu 20.000 euros et je n'ai aucun soin dans ma bouche. 20.000 euros en chèque sans avoir aucun implant ! Ils m'ont juste mis juste des prothèses provisoires en haut et en bas. Je regrette, je me suis fait avoir, j'ai perdu un an et demi de santé, mais ce que je veux avant tout, c'est que ces low-cost s'arrêtent. La santé, ce n'est pas du low-cost, c'est du sérieux ! On ne s'amuse pas avec la santé des gens, et on ne s'amuse pas avec la santé des pauvres gens non plus !".

Joséphine aussi, est tombée dans le piège. Il y a deux ans, dans un de ces centres, elle a signé pour 8.000 euros de couronnes dentaires. Après lui avoir arraché une dizaine de dents, elle n'a plus eu de nouvelles de son dentiste. Là aussi, la société a fait faillite et Joséphine se retrouve bien démunie. "J'ai seulement trois vis, et je n'ai aucune dent dans la bouche, sauf devant où j'en ai 4 ou 5. Je suis en colère, je ne dors pas, je déprime. On va chez un dentiste, on ne pense pas aller chez quelqu'un de malhonnête, et regardez ce qui m'est arrivé. Un désastre", déplore-t-elle.

Le but de ces centres ? "Vendre de la prothèse"

"Dans ces centres, le lien entre le chirurgien-dentiste soignant et le patient devient un geste simplement commercial : on est là pour vendre de la prothèse, pour vendre des implants, raconte Catherine Mojaïsky, présidente des syndicats dentaires. La démarche n'a rien à voir avec ce que nous nous faisons avec nos patients dans nos cabinets. C'est inadmissible".

Le syndicat des dentistes ainsi que l'Ordre des chirurgiens-dentistes indiquent avoir déjà alerté, à plusieurs reprises, le gouvernement sur ces dérives. Sans succès à ce jour. Regroupés en association loi 1901, ces centres échappent aux contrôles des autorités. Les victimes de ces centres dentaires ont, eux, monté plusieurs collectifs, à Lyon, Marseille et Paris. Ils envisagent de lancer une action de groupe contre ces centres à prix cassés.

P. G. avec Juliette Droz