RMC

Plaintes pour violences policières: "On m'a traîné par terre par les cheveux"

Des policiers procèdent à une arrestation de manifestants à la fin de la manifestation contre la loi Travail, le 1er mai dernier à Paris.

Des policiers procèdent à une arrestation de manifestants à la fin de la manifestation contre la loi Travail, le 1er mai dernier à Paris. - Alain Jocard - AFP

68 réclamations pour dénoncer des violences policières ont été adressées au Défenseur des droits par des manifestants contre la loi Travail. Neuf d'entre eux ont également porté plainte à l'IGPN, la police des polices. C'est le cas de Thibault, étudiant de 25 ans, qui raconte sur RMC son arrestation musclée.

Un collectif contre les violences policières adresse 68 réclamations au Défenseur des Droits. Des réclamations déposées en juillet mais dévoilées mercredi, sur des cas de violences à Paris et dans le reste de la France. Les 68 témoignages ont été recueillis par le Collectif Stop aux Violences Policières, qui regroupe notamment des avocats, et qui déplore des cas "d'intimidations de manifestations blessés dont la bonne foi a été mise en doute". Tous les plaignants se disent victimes de violences policières lors des manifestations contre la loi Travail du printemps dernier. Neuf ont porté plainte à l'IGPN, la police des polices.

"Les coups sont venus directs dans le dos"

C'est le cas de Thibault, qui a porté plainte juin dernier après une arrestation musclée le 1er mai dernier pendant une manifestation contre la loi Travail. Cet étudiant de 25 ans, thésard en physique théorique à l'ENS sera jugé le 15 novembre prochain pour "violences envers personne dépositaire de l'autorité publique".

Sur RMC, Thibault raconte que c'est à la fin de la manifestation, alors qu'il allait entrer dans le métro qu'il a été violemment interpellé. "Les coups sont venus directs dans le dos. Coups de matraque, on me traine par terre par les cheveux et il y en a un qui me met un coup de genoux pleine tête. Il s'écrase littéralement de tout son poids sur ma tête". Si la police l'arrête, c'est pour un jet de projectile. Une version des faits que nie Thibault, qui dénonce des violences policières gratuites.

"Ils ont passé leur temps en garde à vue à mettre des coups de pression, à mentir. J'ai essayé de porter plainte, mais ils m'en ont empêché".

"La force légitime des policiers peut blesser"

Il a finalement réussi à porter plainte après trois demandes. Mais l'enquête est au point mort. Il a donc saisi le défenseur des droits. "Peut-être que le défenseur des droits va dire : 'bon, il y a eu quand même des dérapages, ce serait bien de faire quelque chose. A mon avis il ne dira pas grand-chose de plus que ça. Mais bon, on peut tenter".

Les policiers, eux, par la voix du porte-parole du syndicat de police SGP-FO, assure que les policiers n'ont fait que leur travail. "La force utilisée par la police lors de manifestations peut-être une force légitime. Et cette force légitime, ça peut parfois blesser".

Le Défenseur des Droits a reçu les réclamations le 19 juillet et les instructions des cas ont commencé.

P. G. avec Pierre Rigo