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Plan Vigipirate "alerte attentat": "J'ai vu la peur dans les yeux de ma femme"

Le plan Vigipirate est à son niveau maximum depuis l'attentat contre Charlie Hebdo

Le plan Vigipirate est à son niveau maximum depuis l'attentat contre Charlie Hebdo - AFP

Depuis les événements du 7 janvier, le plan Vigipirate passe au niveau "alerte attentat" en Ile-de-France et dans les Alpes-Maritimes, soit le niveau maximum du dispositif anti-terroriste. Mais sur le terrain, les forces de l'ordre semblent au bout du rouleau comme en témoigne un CRS ce vendredi sur RMC.

Il y a un mois avait lieu l'attentat contre Charlie Hebdo. Depuis ces événements, le plan Vigipirate a été relevé au niveau "alerte attentat" en Ile-de-France et dans les Alpes-Maritimes, soit le niveau maximum de ce dispositif anti-terroriste. Concrètement, cela veut dire que des milliers de policiers et gendarmes sont mobilisés pour surveiller les édifices sensibles, notamment les lieux de culte. Il prévoit aussi le déploiement de 10 500 militaires partout en France dont 6 200 en Ile-de-France.

"C'est insoutenable"

Mais un mois après, cette mobilisation non-stop commence à se ressentir chez les forces de l'ordre. C'est le cas pour Freddy, 39 ans, CRS basé normalement à Troyes (Aube) mais qui depuis trois semaines assure la sécurité de sites sensibles à Paris. A force d'enchaîner les gardes de jour et de nuit, ce vendredi sur RMC, il se dit au bout du rouleau. "C'est insoutenable pour les hommes et les femmes qui font cette mission. C'est insoutenable", assène-t-il.

"On ne peut pas dire à un fonctionnaire qui travaille depuis trois semaines, un mois de ne pas prendre de repos, de congés. C'est impossible, ingérable ! Matériellement et humainement, c'est ingérable !", martèle ce CRS. Freddy mentionne aussi la problématique des effectifs tous mobilisés par le plan Vigipirate et délaissant, du coup, d'autres missions.

"Nous devenons des cibles"

"Aujourd'hui, les banlieues sont dépourvues de forces mobiles alors qu'en règle générale il y a toujours du monde. En fait, on règle une situation d'un côté pour en aggraver une de l'autre", estime-t-il dans Bourdin Direct. Mais Freddy évoque aussi sa peur d'être pris pour cible lorsqu'il protège un site sensible: "A force d'être statique 24h/24 c'est nous qui devenons des cibles". Usé, fatigué par ces trois semaines de mobilisation, cette mission a aussi des conséquences sur la vie de famille des policiers.

"En 15 ans, c'est la première fois que j'ai vu la peur dans les yeux de ma femme, avoue-t-il sur RMC. Elle me demande de me protéger un peu plus que d'habitude". Même si fataliste, il assure que "le métier est ce qu'il est".

Maxime Ricard avec Antoine Perrin