RMC

28 policiers se sont suicidés depuis janvier 2019: comment stopper ce fléau?

Depuis le début de l'année, 28 policiers se sont donnés la mort. Les fonctionnaires appellent à des rassemblements devant les commissariats ce vendredi et réclament "un plan digne de ce nom".

La première victime, une capitaine de police de 48 ans, mère de deux fillettes, s'est suicidée dans son bureau à Montpellier, avec son arme de service. La seconde, un jeune policier de 25 ans, s'est donné la mort dans les locaux de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) à Paris. Ces deux décès portent à 28 le nombre de suicides dans la police depuis le début de l'année.

Tous les syndicats de police confondus (gardiens de la paix, commissaires et officiers) appellent à des rassemblements en silence ce vendredi, devant les commissariats de France pour dire stop aux suicides. L'intersyndicale réclame en urgence un autre entretien avec le ministre de l'Intérieur pour que des mesures soient prises.

"Tous les corps sont touchés"

"Tous les corps sont touchés et aucun n’est écarté de ce fléau. On a décidé de mettre un grand coup de poing sur la table et faire bloc contre l’administration pour qu’un plan digne de ce nom soit mis en place par le ministère", Thomas Toussaint, délégué national du syndicat UNSA Police.

35 policiers et 33 gendarmes se sont suicidés en 2018

Le 12 avril dernier, le ministre de l'intérieur Christophe Castaner avait annoncé la création d'une "cellule alerte prévention suicide" pour la police nationale, qui aura pour mission de porter un plan d'actions. Un numéro de téléphone dédié, disponible 24h/24, devrait permettre de signaler les risques et de mettre les personnes en souffrance en relation avec des psychologues.

Les syndicats craignent une "année noire" comme celle qu'avait connue les forces de l'ordre en 1996 quand 70 suicides avaient été recensés. En 2018, 35 policiers et 33 gendarmes se sont suicidés, d'après des chiffres du ministère de l'Intérieur.

Bourdin Direct (avec Guillaume Dussourt)