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7 ans de prison et 100.000 euros d'amende: premier feu vert des députés à des peines renforcées pour les violences contre des policiers

"Quand on agresse un policier, un gendarme, ce n'est pas n'importe qui que l'on agresse, on agresse la République", a plaidé le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti.

Les députés ont approuvé mercredi, en première lecture, un renforcement des peines pour les auteurs de violences commises contre des membres des forces de l'ordre.

L'article 4 du projet de loi "responsabilité pénale et sécurité intérieure", qui prévoit ce renforcement, a été adopté à une très large majorité - 52 voix contre 3 -.

Le texte crée une infraction spécifique dans le code pénal pour les violences contre les policiers, gendarmes, militaires dans le cadre d'une opération intérieure, policiers municipaux, agents pénitentiaires, sapeurs-pompiers ou agents des douanes, ainsi que leurs familles. A l'unanimité et avec l'accord du gouvernement, les députés ont ajouté en séance, par voie d'amendements, les gardes champêtres à cette liste.

Le projet de loi prévoit sept ans de prison et 100.000 euros d'amende pour des violences entraînant une incapacité totale de travail de plus de huit jours, cinq ans et 75.000 euros pour une incapacité inférieure ou pas d'incapacité. Ces peines sont alourdies en cas de circonstances aggravantes.

"Quand on agresse un policier, un gendarme, ce n'est pas n'importe qui que l'on agresse, on agresse la République", a plaidé le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti. L'examen de cet article s'est accompagné de vifs échanges entre ce dernier et des députés LR, qui ont réclamé des peines plancher, ou des peines plus lourdes en cas de mort ou d'infirmité permanente de la victime. 

Eric Ciotti a ainsi demandé des "peines minimales contre les agresseurs de policiers" afin de "sanctuariser l'uniforme de la République". Le ministre de la Justice a dénoncé en retour une "surenchère" de la droite sur les questions de sécurité qui va s'intensifier "plus on va aller vers l'élection présidentielle".

L'Assemblée nationale a également approuvé des mesures destinées à développer la réserve civile de la police nationale, afin de la transformer en réserve opérationnelle, sur le modèle de celle de la gendarmerie nationale, qui compte quelque 30.000 personnes contre environ 6.500 pour la réserve civile de la police. Il s'agit de "diversifier son recrutement et valoriser ses missions dans un contexte de forte mobilisation des forces de sécurité au cours des prochaines années".

Plus tôt dans la journée de mercredi, les députés ont donné leur feu vert en première lecture également à la création de nouvelles limites au régime de l'irresponsabilité pénale. Des dispositions élaborées dans la foulée de l'affaire Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée par un voisin, consommateur de cannabis en proie à une "bouffée délirante", selon les experts psychiatres, et déclaré irresponsable. L'examen en première lecture doit se poursuivre jeudi, avant que le projet de loi passe au Sénat. 

La rédaction de RMC avec AFP