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Affaire Barbarin - Les victimes de pédophilie restent déterminées: "On ne peut pas plier l'affaire"

L'enquête pour non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs contre le cardinal Barbarin a été classée sans suite.

L'enquête pour non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs contre le cardinal Barbarin a été classée sans suite. - AFP

L'enquête préliminaire ouverte contre l'archevêque de Lyon pour "non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs" a été classée sans suite lundi par le parquet de Lyon. Une décision qui attriste les victimes de prêtres pédophiles lyonnais qui entendent poursuivre leur combat.

Le cardinal Barbarin a-t-il volontairement dissimulé les actes du père Preynat en ne les dénonçant pas à la justice? Le parquet de Lyon a répondu non lundi en classant sans suite l'enquête ouverte pour non dénonciation d'abus sexuels sur mineurs, commis par le père Preynat dans les années 80. A l'annonce de la décision de justice, François Deveaux, le co-fondateur de l'association La Parole libérée est déçu. Malgré tout, il compte bien continuer à se battre pour l'ensemble des victimes de prêtres pédophiles.

"On a eu tellement de soutien pour eux. Ce combat-là, ce débat-là ne nous appartient plus, ne serait-ce que pour les autres victimes. On ne peut pas plier l'affaire, on va aller jusqu'au bout", explique-t-il. 

"Un combat moral"

Bertrand Virieux, autre membre fondateur de l'association, est lui aussi partagé entre "surprise et déception". Cette victime du père Preynat pensait que l'enquête aboutirait différemment. "Quand on a 10 heures d'audition, quand il y a 700 pages dans le dossier, quand il y a deux perquisitions au sein du diocèse, tous ces moyens mis par la justice pouvaient quand même donner quelque chose de plus concret", regrette-t-il.

Mais Bertrand Virieux affiche la même détermination et sait qu'il s'agit "d'un combat de longue haleine". Pour lui, leur action a au moins permis de remettre la question de la pédophilie dans l'Eglise au centre des débats.

"Il y a eu un avant et un après. On ne pourra plus parler de la pédophilie dans l'Eglise catholique en France sans faire référence à cette histoire Preynat, à cette affaire Barbarin. Je pense que ça a au moins été le bénéfice de tout ça", poursuit-il.

Compte tenu des délais de prescription qui écartent la plupart des victimes déclarées, il s'agit pour lui surtout d'un "combat moral" et attend "que les choses changent". De son côté, la défense de l'archevêque de Lyon espère que la décision du parquet est un point final à toute cette affaire.

"Le dossier s'est construit et il a absolument démontré que ce que disait le cardinal Barbarin était exact. A aucun moment il n'a couvert les actes de pédophilie. Il y a eu un emballement. Il me semble que les choses reviennent à leur juste place", estime Jean-Félix Luciani, l'un des avocats du cardinal. 

Plusieurs victimes devraient toutefois à nouveau déposer plainte à la rentrée, cette fois-ci avec constitution de partie civile, ce qui permettrait à un juge d'instruction d'être saisi directement de l'affaire. L'association La parole libérée va par ailleurs continuer à écouter les victimes, d'après Bertrand Virieux, un nouveau témoignage a été recueilli lundi pour des faits non prescrits, une plainte aurait été déposée.

C. B avec Gwenaël Windrestin