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Affaire Daval: "Ce n'est pas au gouvernement ni à Marlène Schiappa de venir s'immiscer"

Mercredi, la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes a critiqué la défense des avocats de Jonathann Daval, leur demandant "d'arrêter de trouver des excuses" aux féminicides. Une sortie qui a agacé Dominique Attias, avocate et ancienne bâtonnière de Paris.

Une secrétaire d'Etat peut-elle critiquer la stratégie de défense d'un suspect? Marlène Schiappa a jugé mercredi "proprement scandaleux" de mettre en avant la "personnalité écrasante" d'Alexia Daval, dont le mari a avoué le meurtre, demandant "d'arrêter de trouver des excuses" aux féminicides. Elle affirme sur Twitter vouloir lutter contre la "banalisation des violences conjugales", "rien ne justifie , n'excuse que l'on frappe, tue sa femme".

Une sortie qui a aussitôt susciter de nombreuses réactions. Ainsi, Christophe Castaner, délégué général de LREM et ministre des Relations avec le Parlement, a affirmé jeudi qu'"un ministre n'a pas à commenter une affaire judiciaire". Même son de cloche pour Dominique Attias, avocate et ancienne bâtonnière de Paris, qui estime que Marlène Schiappa n'est plus dans son rôle public: 

"Elle n'a pas à juger, ce n'est pas son métier, elle n'est pas bâtonnière. Elle ne doit pas intervenir, car ce qu'elle a dit 'l'avocat n'a pas à...'. Qu'elle explique qu'il est important de reconnaître les féminicides, qu'elle explique que les violences sont inadmissibles, c'est son job. Mais ce n'est pas au gouvernement de venir s'immiscer dans les droits de la défense".
Aurélia Manoli et X.A