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Affaire Matzneff: un "appel à témoins" lancé pour retrouver des victimes

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Dans son roman autobiographique "Le Consentement", Vanessa Springora dénonçait sa relation sous emprise avec l'écrivain quand elle était mineure, dans les années 80.

Le procureur de Paris Rémy Heitz a annoncé qu'un "appel à témoins" serait lancé ce mardi pour retrouver des "victimes" dans le cadre de l'enquête ouverte pour viols sur mineur de moins de 15 ans visant l'écrivain Gabriel Matzneff.

L'enquête avait été ouverte par le parquet le 3 janvier au lendemain de la parution du roman autobiographique "Le Consentement" dans lequel l'éditrice Vanessa Springora dénonçait sa relation sous emprise avec l'écrivain Gabriel Matzneff quand elle était mineure, dans les années 80.

Au-delà des faits décrits par Vanessa Springora", l'enquête s'attachera "à identifier toutes autres victimes éventuelles ayant pu subir des infractions de même nature sur le territoire national ou à l'étranger", avait déjà précisé Rémy Heitz dans son communiqué annonçant l'ouverture de l'enquête.

L'éditrice a été entendue fin janvier par les enquêteurs mais les faits la concernant sont prescrits.

"S'il y a eu d'autres victimes..."

Outre la "manifestation de la vérité" et la vérification concernant la prescription des faits, "la démarche du parquet de Paris" quand il s'agit de mineurs, c'est de "faire en sorte" en ouvrant une enquête "qu'il n'y ait pas de victimes oubliées". "S'il y a eu d'autres victimes", il faut "leur permettre de s'exprimer, de prendre en compte leur parole et de poursuivre l'auteur des faits", a-t-il ajouté, expliquant la raison d'être de l'appel à témoins qui sera lancé mardi.

Vanessa Springora a été la première à témoigner parmi les adolescentes séduites par Gabriel Matzneff, dont le comportement, décrit dans ses propres livres, a longtemps été toléré dans le monde littéraire parisien. En 2013, il avait obtenu le prix Renaudot essai.

Dans une interview diffusée fin janvier, Gabriel Matzneff, 83 ans, avait affirmé "regretter" ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu'"à l'époque", "jamais personne ne parlait de crime". Dans une lettre, il avait dit ne pas mériter "l'affreux portrait" publié par l'éditrice.

La rédaction de RMC (avec AFP)