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Affaires de pédophilie à Lyon: les fidèles du cardinal Barbarin divisés entre prudence et réprobation

REPORTAGE - Le cardinal Philippe Barbarin a nié mardi "avec force" avoir couvert "le moindre acte de pédophilie" dans son diocèse de Lyon, alors que cette figure de l'Église est confrontée à une nouvelle plainte et a été appelée par Manuel Valls à "prendre ses responsabilités".

Sur le parvis de la Basilique de Fourvière, à Lyon, à l'heure de la messe, la majorité des fidèles du cardinal Barbarin ne veulent pas entendre parler de sa démission. C'est le cas de Francine, interrogée par RMC, qui souhaite qu'il reste à la tête de l'Eglise de Lyon. "Oui pourquoi pas. Moi j'attends de voir. On ne juge pas comme ça, sans tout connaître, argumente-t-elle. Nous avons donc prié très fort pour lui donner la force de se justifier. Et, s'il n'a rien à se reprocher, d'avoir le courage de dire les choses".

Mais pour Olivier, le primat des Gaules doit partir, tout comme ceux qui ont tenté d'étouffer ce type d'affaires. "Il peut démissionner, ce n'est pas le problème, assure-t-il. Il ne faut plus cacher ça (ce genre d'histoires, ndlr) ! Ça fait trop de mal ! Les victimes n'ont pas à devenir des sur-victimes. Ce sont à ceux qui ont caché tout ça, qui n'ont pas dit qu'il ne fallait pas cacher un crime". Monique, de son côté, tente bien de trouver une excuse à Philippe Barbarin, cardinal de Lyon depuis 2002.

"Le cardinal Barbarin a le soutien de Rome"

"C'est un homme qui a énormément d'activités extérieures. Il voyage beaucoup et peut-être que le service des prêtres lui échappe un petit peu, argue-t-elle. A mon avis, il est un peu négligent". Et Monique d'ajouter: "Je ne sais pas s'il est réellement coupable. De ce fait, je ne vois pas pourquoi il démissionnerait sur des choses qui ont concerné ses prédécesseurs". La situation de l'archevêque de Lyon pourrait devenir encore plus compliquée car, selon l'association qui regroupe les victimes du père Preynat, un troisième cas de pédophilie impliquant un prêtre lyonnais devrait bientôt être révélé.

"Je pense que le cardinal Barbarin a le soutien de Rome, mais comme la corde soutient le pendu. C'est-à-dire que, si jamais la justice montre qu'il a fauté ou a une responsabilité dans la non-dénonciation de crimes, il sera lâché par le Vatican, estime Christian Terras, rédacteur en chef de la revue religieuse, Golias. Donc si d'autres affaires viennent à être révélées, sa situation sera intenable et il devra démissionner pour se protéger et protéger l'institution".

Et d'ajouter sur BFMTV: "Je pense que le cardinal Barbarin a réglé ses affaires de pédophilie comme on les réglait à l'ancienne dans l'Eglise catholique, c'est-à-dire en essayant de préserver au maximum les institutions et le prêtre au détriment des victimes".

Maxime Ricard avec Gwenaël Windrestin