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Angoulême: une femme de 34 ans entre la vie et la mort après avoir été agressée par son ex-conjoint

Le drame a eu lieu samedi soir alors que l'agresseur n'aurait jamais dû être libre.

Houria a été grièvement poignardée samedi soir par son ex-conjoint, devant l'aîné de leur trois enfants, à Angoulême, en Charente. La jeune femme de 34 ans était toujours dans le coma ce mardi et les médecins ne pouvaient se prononcer sur ses chances de survie ou d'éventuelles séquelles neurologiques.

Pourtant, l'agresseur n'aurait jamais dû se trouver en liberté. Le 11 juin, Faycal Bendada est interpellé par la BAC d'Angoulême pour une tentative de vol de véhicule. Son ex-mari, un Algérien de 41 ans, est très défavorablement connu de la police pour une trentaine de délits, des vols principalement mais aussi des violences sur son ex-femme. Il avait ainsi déjà été condamné en octobre dernier à 8 mois de prison avec sursis pour violences conjugales.

Les forces de l'ordre constatent qu'il est également en séjour irrégulier: une obligation de quitter le territoire français lui est notifiée à la fin de sa garde à vue le 12 juin. Mais en l'apprenant, l'homme s'en prend à la policière devant lui, l'attaquant avec une paire de ciseaux.

Séries de dysfonctionnements judiciaires

Son placement en centre de rétention n'est alors notifié au parquet de Bordeaux par la préfecture de Charente qu'1h30 après, alors que la loi prévoit que cela soit immédiat. C'est à cause de ce retard que le juge des libertés et de la détention de Bordeaux remettra en liberté Faycal Bendada trois jours plus tard, le 15 juin. La préfecture aurait pu invoquer une "circonstance insurmontable" pour justifier ce délai, mais elle ne l'a pas fait, et le parquet de Bordeaux n'a pas fait appel de cette décision.

Autre dysfonctionnement: le parquet d'Angoulême n'a pas été informé de la remise en liberté de cet homme pourtant très dangereux. S'il l'avait été, il aurait pu être placé en détention provisoire pour la tentative de vol.

Marlène Schiappa au chevet de la victime

Pour éviter un autre drame de ce type, le procureur d'Angoulême, Jean-David Cavaillé, a demandé un suivi renforcé d'une dizaines de cas sensibles de violences conjugales. "Je souhaite que toutes les informations détenues par les partenaires sociaux, médicaux, judiciaires ou administratifs les concernant soient systématiquement remontées au référent violences conjugales du parquet, pour que la justice puisse prendre les bonnes décisions concernant la prise en charge des victimes et les poursuites des auteurs" explique-t-il à RMC.

Marlène Schiappa, la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et hommes, s'est rendue au chevet de la mère de famille, mardi. Les deux femmes s'étaient rencontrées en novembre dernier, lors d’un tour de France de l'égalité femme-homme.

Claire Andrieux et X.A