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Arrestations au lycée de Nanterre: quatre familles portent plainte pour violences aggravées

INFO RMC. Quatre familles de lycéens portent plainte après des arrestations musclées au lycée Joliot-Curie de Nanterre. Depuis dix jours, des élèves font grève et des heurts ont, à plusieurs reprises, éclaté avec les forces de l'ordre. Une action contre l'Etat est également envisagée.

Depuis dix jours, les cours sont entrecoupés au lycée Joliot-Curie de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, après le début de blocus et les heurts qui ont éclaté entre des lycéens et la police. A l'origine, les élèves réclamaient le retour de l'aide aux devoirs supprimée. Ils exprimaient aussi leur soutien à un professeur injustement muté selon eux et s'opposaient à certaines nouvelles mesures du règlement intérieur.

Une mobilisation qui a dégénéré à plusieurs reprises en affrontement avec les forces de l'ordre. Lundi encore, des échanges de tirs de mortiers d'artifice et de gaz lacrymogène ont eu lieu. Une vingtaine de jeunes ont été arrêtés en dix jours depuis le début du blocus et notamment 14 lycéens, en majorité des mineurs, au début du conflit. Des élèves parfois interpellés brutalement et placés en garde à vue. Certains y sont restés jusqu'à 36 heures.

Selon les informations de RMC, quatre familles portent plainte pour violences aggravées après ces arrestations.

"Ils l’ont mis sur le ventre, un genou sur le cou"

Le jour du blocus, sur le conseil de ses parents, le fils de Jean s'est tenu à bonne distance. Il était à 500 mètres de l'établissement, sur sa trottinette, quand il a été interpellé.

"Deux policiers qui étaient en embuscade le somment de s’arrêter. Il y en a un qui s’approche de lui et lui met une balayette. Il est tombé par terre, ils ne l’ont pas laissé se relever. Ils l’ont mis sur le ventre, un genou sur le cou. Vous envoyez votre enfant au lycée pour apprendre et finalement vous vous rendez compte que vous l’avez envoyé à l’abattoir”, assure le père de cet élève.

Une action contre l'Etat?

Le fils de Jean n'est pas retourné à l'école et est suivi par un psychologue. Comme trois autres familles, ce père va porter plainte pour violences aggravées. “Je suis d'accord qu’on punisse les fauteurs de troubles, mais les enfants qui n’ont rien fait, ça, c’est injuste”, pointe-t-il.

D'autres familles pourraient bien entamer elles aussi des procédures. Walid, 17 ans, en terminale à Joliot-Curie, a lui aussi subi 26 heures de garde à vue.

“Je n'ai pas participé au blocus, je n’avais aucun mortier, je n’avais même pas une capuche. Ils m’ont pris gratuitement. C’était difficile, surtout la nuit, il faisait froid, j’avais pourtant réclamé des couvertures, qu’ils ne m’ont pas données”, indique-t-il.

Sa sœur, Yasmine, l'accompagne. “On souhaite procéder à une justice. Effacer en fait toutes les empreintes, les casiers judiciaires qui auraient pu être constitués jusqu’à présent”, précise-t-elle. Avec leur avocat, Maître Arié Alimi, les familles envisagent aussi une action contre l'Etat.

Lucile Pascanet avec Guillaume Descours