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Attentat à Strasbourg: ce que l'on sait

Un tireur a ouvert le feu au marché de Noël de Strasbourg mardi soir faisant au moins deux morts et une dizaine de blessés. Il est toujours en fuite mercredi matin.

Au moins deux morts et un dizaine de blessés. Le bilan déjà très lourd de cette attaque à Strasbourg pourrait s'alourdir car 6 personnes sont en urgence absolue. Un peu avant 20 heures mardi soir, à 19h45, un homme a tiré dans la foule aux abords du marché de Noël de Strasbourg qui était sur le point de fermer.

Ca s'est passé dans une des rues les plus animées de la ville, bondée de monde en cette période de fin d'année. Des témoins parlent d'une arme longue type fusil d'assaut. Certains affirment qu’il avait aussi une arme blanche.

Des témoins ont entendu l'assaillant crier "Allahu Akbar", a indiqué plus tard dans la journée de mercredi le procureur de Paris, Rémy Heitz, lors d'une conférence de presse.

Le tireur s'est enfui en taxi

Les militaires de l’opération Sentinelle, présents pour sécuriser le marché de Noël, ont essayé de neutraliser l’agresseur mais il a pris la fuite. Il est monté dans un taxi, quelques minutes, peut-être en le prenant en otage on l’ignore, ce taxi a déclaré que le tireur était alors blessé au bras gauche.

Il est descendu à proximité du commissariat de police du quartier de Neudorf. A 20h45, les forces de l'ordre l'ont localisé dans ce quartier. Il y a eu des échanges de coups de feu sur la voie publique, mais il a réussi à prendre la fuite.

29 ans, nationalité française, fiché S, casier bien chargé

Il est identifié, un homme de 29 ans, nationalité française, originaire de Strasbourg. Il est connu pour sa radicalisation islamiste, il est fiché S. Il est également connu pour des faits de droit commun, il a un casier déjà bien chargé, condamné en France et en Allemagne pour des affaires vol et violences.

Il devait d’ailleurs être interpellé ce mardi matin. Les gendarmes ont perquisitionné son domicile pour une affaire d’homicide, sur fonds de trafic de stupéfiants ou de braquage, le motif n'est pas clair à ce stade selon les sources. Mais en tout cas ce n'était pas en lien avec le terrorisme, même si, vu son profil, ils étaient avec des policiers de la DGSI.

RAID, BRI, GIGN, 350 policiers mobilisés

Mais mardi matin, cet homme n'était pas chez lui, en revanche les enquêteurs ont trouvé au moins une grenade.

Et toute la journée ensuite cet homme a été recherché par les services de police et de gendarmerie, et le lien a rapidement été établi mardi soir après l'attaque.

Il est toujours en fuite. Tous les moyens sont mis en oeuvre pour le retrouver. Les policiers d'élite du RAID sont sur place, ceux de la BRI aussi, le GIGN est en alerte. 350 policiers sont mobilisés dans le secteur de Strasbourg.

Quatre proches de l'assaillant sont en garde à vue comme l'annoncé le procureur à la mi-journée.

Plan vigipirate "urgence attentat"

Le ministre a déclenché mardi le plan Vigipirate "urgence attentat", ce qui signifie des contrôles renforcés. C'est un niveau créée après la vague d'attentat de 2015 - 2016, pour faire face aux situations de ce type, quand un groupe terroriste est passé à l'acte et n'est toujours pas localisé.

Concrètement, cela donne la possibilité aux autorités de fermer des transports publics, des routes, des écoles. Mais aussi de renforcer les contrôles sur les sites sensibles et aux frontières aussi. La mission des militaires de l’opération Sentinelle a aussi été renforcée tant que l'assaillant n'est pas neutralisé.

Claire Andrieux (avec J.A.)