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Attentat de Marseille: la justice ne reconnaît pas la faute de l'Etat, colère du père d'une victime

TÉMOIGNAGE RMC - La justice a rejeté les demandes des parents des victimes de l'attentat de la gare Saint-Charles à Marseille. Ils voulaient faire reconnaître la responsabilité de l'Etat dans cet attentat. Une décision qui scandalise Fabrice Paumier qui a perdu sa fille Laura.

L'Etat a été exonéré de toute responsabilité dans l'attentat de la gare Saint-Charles à Marseille en 2017. La décision a été rendue mercredi par le tribunal administratif de Lyon. L'attaque avait fait 2 mortes, Laura et Mauranne. L'auteur était en situation irrégulière et avait été relâché deux jours avant les faits. Le tribunal estime que l'Etat n'a pas commis de faute en s'abstenant de prononcer une mesure d'éloignement.

Une décision qui indigne Fabrice Paumier, le père d'une des victimes: "Ca démontre que l'Etat n'est pas prêt à reconnaître sa responsabilité". Il a annoncé sa décision de faire appel de ce jugement.

Deux jours avant le meurtre de sa fille, l'assaillant avait été arrêté pour un vol à l'étalage à Lyon. Un Tunisien de 21 ans en situation irrégulière. Mais la préfecture avait renoncé à le placer en centre de rétention, car le centre ne disposait pas de place libre à ce moment-là. Relâché le lendemain, l'assaillant avait ensuite pris le train pour Marseille, et commis son attaque au couteau.

"Une telle défaillance ne peut plus arriver"

"On peut dire que cet homme qui a pris la vie de nos filles n'aurait jamais dû être là à ce moment-là. Si les représentants de l'Etat avaient fait leur boulot, s'il y avait eu les moyens pour y arriver, on n'en serait pas là et on aurait encore nos enfants avec nous. On se bat pour que ces choses-là n'arrivent plus. C'est tellement douloureux, il ne faut pas qu'à cause d'une faute de l'Etat ça arriver. Une telle défaillance ne doit plus arriver".

Quelques jours après l’attentat, Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur, avait limogé le préfet du Rhône et son sous-préfet. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, avait alors reconnu de son côté un "ensemble de dysfonctionnements" pour justifier cette décision.

Gwenaël Windrestin et Benjamin Smadja