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Au Mans, vous avez le choix entre une amende et des travaux d'intérêt général

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Désormais au Mans, si vous salissez la voie publique, ou dégradez du mobilier urbain, vous avez le choix. Soit vous réglez une amende classique, soit vous faites quelques jours au service propreté de la ville. Un outil pour encourager des comportements plus civiques, explique à RMC.fr Christophe Counil, adjoint à la sécurité du Mans.

Christophe Counil est adjoint à la sécurité à la mairie du Mans. 

"C'est une suggestion faite par le procureur de la République, qui l'avait lui-même mise en place à Reims, qui est la possibilité, lorsqu'on constate une infraction, de permettre à la personne qui est redevable d'une amende, de faire à la place un travail d'intérêt général, ou rembourser à la collectivité le dégât causé.

"Deux jours de travaux à la propreté de la ville"

Il y a de multiples cas. Quand quelqu'un dégrade un bien communal, un abribus, une porte d'une maison de quartier, et qu'il est pris, on peut exiger de lui qu'il rembourse le montant des travaux. S'il n'accepte pas, le dossier suit son cours dans la justice. L'autre cas de figure, c'est par exemple une personne qui déposerait ses ordures au pied d'un conteneur au lieu de les amener à la déchetterie, et là c'est une amende de 5e classe, 1.500 euros, et ça peut faire cher. On peut lui proposer à la place une mesure de réparation, ou en échange, elle vient travailler deux jours au service propreté de la communauté urbaine.

Si jamais vous décidez de casser un abribus, on discute avec vous de la peine qu'on peut substituer. Vous pouvez donner de votre temps à la collectivité. Ce sera jugé au cas par cas.

"Qu'ils retrouvent leur sens du civisme"

On doit faire face nous autres élus à de plus en plus d'incivilités. Mettre en place la mesure de réparation, c'est une façon de faire comprendre à chacun que la citoyenneté ce n'est pas seulement d'aller voter mais aussi d'adapter son comportement à la vie en collectivité. Il y au Mans a sept déchetteries ouvertes pour déposer ses ordures, des poubelles et des points d'apport un peu partout. Il n'y a pas besoin de se comporter salement. Derrière, c'est à la collectivité de réparer leurs erreurs, avec un budget propreté en augmentation.

On peut espérer qu'ils retrouvent ainsi leur sens du civisme. On ne va pas désespérer de la nature humaine. On expérimente les choses au fur et à mesure. On a signé une mise à jour du protocole qui permet de convoquer des mineurs qui posent problème à la mairie en présence de leurs parents, on a fait 66 convocations, et ça marche bien. Il y a des bonnes idées sur tous les territoires et on peut les tester."

Propos recueillis par Paul Conge