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"Besoin de la presse pour montrer les dysfonctionnements": une lanceuse d'alerte devant la justice

Laurence Brunet-Jambu sera jugée pour violation du secret de l'instruction (photo d'illustration).

Laurence Brunet-Jambu sera jugée pour violation du secret de l'instruction (photo d'illustration). - Flickr CC

Quatre ans après le procès du violeur de sa nièce, une femme se retrouve à son tour devant les juges et doit répondre de faits de violation du secret de l'instruction. Quelques jours avant l'audience, elle avait transmis le dossier à la presse pour dénoncer le manque de protection de l'État envers sa nièce.

Laurence Brunet-Jambu s'est battue pendant des années pour protéger sa nièce, Karine, des viols qu'elle subissait. Les géniteurs de la jeune fille étaient au courant que l'ami qu'ils hébergeaient agressait leur enfant, mais ils n'ont rien fait.

Les services de l'État, aussi, ont été longs à réagir. Pourtant, il y a eu des nombreux signalements, de la part des écoles, de médecins et même des services sociaux. Sa mère avait d'ailleurs déjà été condamnée pour avoir tué de plus d'une centaine de coups de couteaux son premier bébé.

Mais Laurence Brunet-Jambu n'a jamais abandonné, d'autant plus que sa nièce s'est directement confiée à elle. Celle qui préside désormais une association de protection de l'enfance encourt aujourd'hui une amende de 45.000 euros pour violation du secret de l'instruction. Quelques jours avant l'audience, elle avait transmis le dossier à la presse pour dénoncer le manque de protection de l'État envers sa nièce. Son avocat dénonce un acharnement judiciaire.

"Moi, j'ai essayé de donner justice à Karine. Si j’ai confié des choses de l’instruction à la presse [...] c’est parce que l’histoire est tellement invraisemblable que j’ai eu besoin de la presse pour montrer les dysfonctionnements dans cette histoire. Si c’était à refaire, je referais la même chose", explique-t-elle.

L'État condamné pour faute lourde

La justice a reconnu qu'il y avait justement eu des dysfonctionnements. Et l'État a été condamné pour faute lourde l'an dernier.

"Je pense que la justice a beaucoup de mal à reconnaître ses erreurs, pourtant elle se grandit tellement quand elle les reconnaît. Il faut les dire, pour que ça ne se renouvelle pas, pour qu’il n’y ait pas d’autre Karine Jambu", ajoute Laurence Brunet-Jambu. Karine Jambu s'est vu attribuer 55.000 euros pour le préjudice moral subi et Laurence Brunet-Jambu ainsi que son époux ont eu 32 000.euros.

AB avec Marion Dubreuil