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Blessés par balle, en photo en treillis... la difficile défense de deux Français de retour de Syrie

Des soldats rebelles syriens en plein combat, au nord d'Alep, en Syrie (photo d'illustration).

Des soldats rebelles syriens en plein combat, au nord d'Alep, en Syrie (photo d'illustration). - Fadi al-Halabi - AFP

Deux Français comparaissent ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes. Ils ont été interpellés en 2013 après un séjour en Syrie. Eux assurent qu'ils n'ont jamais fait partie d'un groupe jihadiste, mais ont combattu aux côtés des rebelles de l’Armée libre syrienne, soutenue par la France.

Ils ont fait partie des premiers Français partis rejoindre la Syrie. Deux amis comparaissent libres ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Deux hommes poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes. Le tribunal va devoir déterminer s'ils ont bien fait partie de d'un groupe terroriste, car leur parcours est pour le moins flou.

Ils ont rejoint la Turquie en août 2012 pour, avancent-ils, "des raisons humanitaires". À l’époque, l’État islamique n’existait pas. Les deux amis, originaires d’Ile-de-France, sont de retour en France deux mois après leur départ, en octobre. L’un d’eux, âgé de 23 ans aujourd’hui, est revenu chez lui avec une blessure par balle. Son ami rentre, lui, quelques jours plus tard. Ils sont finalement interpellés en janvier 2013. Ils affirment alors être parti en Turquie pour faire de l’humanitaire mais l’enquête va rapidement démontrer qu’ils sont bien entrés en Syrie.

En treillis devant une batterie aérienne

Les deux Français maintiennent qu’ils n’ont pas combattu, mais la blessure à la jambe d'un des deux suspects, transpercée par une balle, interpelle les enquêteurs, de même que la découverte d'une photo de son ami en treillis, près d’une batterie aérienne. Les deux prévenus assurent alors avoir rejoint l’ASL, l’Armée libre syrienne, soutenue par la France, qui combat le régime de Bachar Al-Assad. Ils affirment qu’ils n’ont jamais fait partie d’une faction jihadiste. Toute la difficulté du tribunal est là: sans aucune preuve, comment déterminer quel groupe les deux amis ont rejoint il y a plus de quatre ans? Ils encourent en tout cas jusqu’à 10 ans de prison.

P. Gril avec Céline Martelet