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Charlie Hebdo: "Les policiers qui nous protégeaient savaient qu'il n'y aurait rien à faire"

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L'avocat de Charlie Hebdo, Me Richard Malka, a rappelé ce jeudi sur RMC le manque de soutien envers les collaborateurs du journal satirique lorsque celui-ci avait publié les caricatures de Mahomet en 2007.

Au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo, Me Richard Malka, l'avocat de l'hebdomadaire satirique est revenu chez Jean-Jacques Bourdin sur les mesures de protection dont bénéficiaient ses collaborateurs. Des protections assez dérisoires. "On parlait beaucoup avec les policiers qui protégeaient Charb et bien d'autres depuis le temps, raconte l'avocat. Ils le disaient eux-mêmes, face à une équipe déterminée il n'y avait rien à faire. Quand vous avez face à vous des gens qui sont prêts à perdre leur vie, il n'y a rien à faire".

"Ils n'ont jamais eu peur une seule seconde"

Malgré les menaces récurrentes et cette présence policière, les membres de Charlie Hebdo n'ont jamais tremblé, assure Richard Malka. "Ils n'avaient pas peur, ils n'ont jamais eu peur une seule seconde. Cela ne leur a jamais fait renoncer à rien". "Ce n'est pas du courage, c'est la conscience que l'on fait ce que l'on doit faire, ce pourquoi on est là. On ne se pose pas de question, on le fait, sinon on n'est plus un homme, on n'est pas debout", déclare Richard Malka, qui a notamment défendu Charlie Hebdo lors de son procès qui a suivi la publication des caricatures de Mahomet en 2007. " Les caricatures de Mahomet, c'est devenu historique, mais à l'époque ça s'est décidé en 20 minutes. Evidemment on allait les publier. Parce que c'était naturel, parce que c'était notre raison d'être, parce qu'il était hors de question que le silence et la peur gagnent".

"De simples dessinateurs qui utilisaient l'humour comme seule arme pacifique"

Richard Malka a tenu également à revenir sur les critiques qui avaient suivi la publication des caricatures du prophète. "Personne aujourd'hui ne soupçonne les 5 millions de musulmans de ce pays de quoi que soit, ils sont victimes comme les autres, poursuit Richard Malka. Ce n'est pas la question, mais il faut pouvoir dire les choses sur l'islam et ses dérapages, et les fanatiques. Il faut qu'on puisse les exprimer. Et quand on le faisait à Charlie Hebdo, y compris dans des critiques violentes contre toutes les religions, certains, y compris des journalistes renommés, disaient que c'était mal, que c'était mettre de l'huile sur le feu, que nous participions à la stigmatisation et que nous étions irresponsables". Richard Malka l'assure, l'équipe de Charlie Hebdo "a souffert de ce manque de soutien sans faille, sur l'intransigeance qu'il faut avoir quand on défend la liberté d'expression. Nous n'étions que de simples dessinateurs qui utilisaient l'humour comme seule arme pacifique".

Philippe Gril avec JJ. Bourdin