RMC

Chevaux mutilés: deux automobilistes "choquées" après avoir été arrêtées par deux éleveurs armés

C'était une crainte des forces de l'ordre: que les éleveurs de chevaux se fassent justice eux-mêmes, alors que les cas de mutilations se multiplient. Dans le Finistère, deux d'entre eux sont accusés d'avoir contrôlé des voitures suspectes.

"Elles ont été extrêmement choquées", assure à RMC le colonel Nicolas Duvinage, commandant de la gendarmerie du Finistère. Deux femmes qui rentraient tard du travail, en voiture sur une route de campagne, près de Rosporden, ont été arrêtées par deux éleveurs, armés d’une machette et d’un pistolet à plomb.

La raison? Leur véhicule aurait été signalé comme "suspect" par des propriétaires de chevaux inquiets. Empruntant régulièrement le même itinéraire, leur véhicule avait fait l'objet d'un signalement sur les réseaux sociaux. Car la psychose touche les éleveurs alors que les mutilations de chevaux se multiplient et les inquiétudes augmentent.

Et pour cause: la nuit du 27 au 28 août, deux équidés avaient été retrouvés mutilés à Bannalec, un commune voisine de Rosporden, ce qui pourrait les avoir poussé à ces contrôles sauvages.

Une nouvelle jument tuée et mutilée

Elles "ont été contrôlées deux soirs de suite par des personnes différentes et dans des conditions qui ne sont pas admissibles", a pour sa part indiqué le parquet de Quimper, sans préciser le jour où ces contrôles ont été effectués. Au moins deux des quatre personnes impliquées ont été identifiées et devaient être entendues par la justice mercredi, selon le parquet.

"Il ne faut pas se substituer aux forces de l’ordre", rappelle le colonel Duvinage. "Les éleveurs et propriétaires de chevaux sont très inquiets et on peut le comprendre, mais ils ne peuvent pas faire des contrôles illicites sur la voie publique", a-t-il assuré.

Organiser des rondes, installer des caméras dans ses prés c’est possible, mais il ne faut surtout pas se montrer violent ou faire des contrôles sauvages. Si c’est le cas, il y aura réponse pénale avertit le procureur adjoint de Quimper. Les deux éleveurs ont été entendus par la gendarmerie mercredi.

Depuis février, des chevaux sont mutilés partout en France. Les auteurs ni les motifs ne sont toujours pas identifiés malgré les investigations des gendarmes. Dans la nuit de mardi à mercredi, c'est une nouvelle victime, une jument qui a été retrouvé tué et l'oreille découpée dans le Morbihan.

Maxime Brandstaetter (avec Guillaume Dussourt)