RMC

Colère des policiers: "La lettre de Bernard Cazeneuve ne suffit pas!"

Le ministère de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a adressé une lettre aux forces de l'ordre les assurant de son "soutien". Mais les policiers ne décolèrent pas. Des centaines d'entre eux se sont rassemblés ce vendredi soir devant Notre-Dame de Paris.

Cinquième nuit de grogne pour les policiers. La lettre envoyée par Bernard Cazeneuve n'aura pas réussi à calmer les esprits. Dans ce courrier, le ministre de l'Intérieur assure aux forces de l'ordre son "soutien". Et leur promet plus de moyens.

Vendredi soir quelques centaines de policiers s'étaient rassemblés devant le parvis de Notre-Dame de Paris. Ils ont ensuite défilé jusqu'à la place de la Bastille avant de se disperser.

Eric, policier de la BAC des Hauts-de-Seine était en tête de cortège. Pour lui, la lettre du ministre de l'Intérieur n'avance à rien: "M. Cazeneuve écrit très bien, il a peut-être une lecture intéressante de ce qui se passe maintenant, mais on en a tellement reçu des ministres, et jusqu'à présent, c'est resté lettre morte! Nous avons encore des collègues qui ont des gilets pare-balles qui sont défectueux. Qu'ils viennent avec nous dans les cités chaudes sans cortège de sécurité. Il verra ce que c'est de rentrer dans certains quartiers, de se faire caillasser, de recevoir des cocktails Molotov!"

"On craint que ce soit pour gagner du temps et enterrer le mouvement"

Même avis pour le secrétaire général adjoint d'Unité-SGP Police FO, Nicolas Comte: "La lettre de Bernard Cazeneuve ne suffit pas. La concertation qu'annonce Bernard Cazeneuve, on craint que ce soit pour gagner du temps et enterrer le mouvement. Beaucoup de choses sont demandées: une meilleure répartition des moyens, que dans les zones difficiles on abolisse les patrouilles à deux policiers, que l'on soit systématiquement trois policiers comme c'est prévu dans les textes. Il faut aussi réformer le management: il aurait fallu depuis longtemps écouter un peu plus les organisations syndicales et ce qu'elles avaient à dire, ça aurait évité ces explosions de colère".

Les syndicats doivent rencontrer François Hollande en début de semaine.

P.B. avec Charlotte Peyronnet