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Comment le troisième kamikaze du Bataclan a été identifié

Photo non datée et non localisée extraite du compte Facebook de Foued Mohamed-Aggad.

Photo non datée et non localisée extraite du compte Facebook de Foued Mohamed-Aggad. - HO / OFF / AFP

Les enquêteurs ont identifié le troisième kamikaze du Bataclan il y a quelques jours grâce à des relevés ADN sur sa mère.

Il a désormais un nom et un visage. Le troisième kamikaze du Bataclan a été identifié. C'est un jeune de 23 ans originaire du Bas-Rhin, nommé Foued Mohamed-Aggad. Le 13 novembre, il était donc au Bataclan, aux côtés de Samy Amimour et d'Omar Ismaïl Mostefaï, pour commettre le massacre. Il était parti en Syrie fin 2013, avec une dizaine d'autres jeunes des environs de Strasbourg.

Et selon les informations d'RMC, il a été identifié la semaine dernière. Sa mère a reçu un message de Syrie. La femme de Foued lui apprenait alors la mort de son fils le 13 novembre "en France, au côté de ses frères". La mère de Foued a alors contacté son avocate et demandé à ce qu'on vérifie si son fils faisait bien partie des kamikazes du Bataclan. L'analyse de son ADN a permis d'identifier Foued formellement il y a quelques jours. L'appartement de la mère a d'ailleurs été perquisitionné dans la nuit de mardi à mercredi.

"Ils sont venus me chercher avec dix autres frères"

La famille n'avait plus de nouvelles depuis août dernier et un message dans lequel il faisait ses adieux à ses proches. Il expliquait alors à sa mère qu'il allait partir en mission : "Ils sont venus me chercher avec dix autres frères", écrivait-il. On ignore si le but de son départ visait à préparer des attentats ou s'il s'agissait alors d'un autre projet, mais la mère de Foued n'aura plus d'autres nouvelles jusqu'à la semaine dernière et le message de sa femme en Syrie.

Fiché S

Foued Mohammed-Aggad était connu des services de renseignement, fiché S comme les deux autres terroristes français avec qui il a commis le massacre du Bataclan. Originaire de Wissenheim, il était parti en décembre 2013 avec au moins neuf autres personnes originaires de la même commune ou de la cité de la Meinau, un quartier populaire de Strasbourg. On sait que deux d’entre elles sont décédées sur place quelques jours à peine après leur arrivée. Sept autres sont revenues en février et mars 2013, et sont actuellement en détention provisoire et mises en examen, dont le frère ainé de Foued, Karim, 26 ans, qui est incarcéré à Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne.

Claire Andrieux avec P. G.