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Condamné pour avoir assassiné son ex-compagne, Ramon Cortes a été libéré: "C'est inadmissible"

Condamné à 30 ans de réclusion pour l'assassinat de son ex-compagne près de Perpignan, un homme a été libéré jeudi en raison du dépassement du "délai raisonnable", qui ne doit pas excéder deux ans, avant son procès en appel.

A deux pas du musée de Céret, où elle était employée, Jacqueline et Vincent, deux amis de Rosine n’arrivent pas à comprendre cette décision de justice: "C’est inadmissible que quelqu’un qui a eu 30 ans de prison soit remis en liberté, même provisoirement. Il peut s’échapper, il peut partir à étranger". "Il a quand même commis un crime, il doit être puni pour ce crime. On ne peut pas relâcher un criminel comme cela, aussi facilement, alors que c’était une femme qui était connue sur Céret, appréciée et aimée aussi également", estime Jacqueline.

Pour Me Raymond Escalé, avocat de la famille de Rosine, le droit a été appliqué dans cette affaire, il espère simplement que l’accusé se présentera à son procès dans trois mois: "Si par malheur, si par extraordinaire, il ne se présente pas devant la cour d’Assises d’appel de Montpellier en avril prochain, bien évidemment ce serait une nouvelle fois une catastrophe supplémentaire pour cette famille qui attend de boucler la boucle tout simplement".

Ramon Cortes est désormais sous contrôle judiciaire, avec une obligation de pointer au commissariat deux fois par jour. Il a interdiction de quitter le territoire de la commune où il vit. L'accusé ne pourra en sortir que pour se rendre aux rendez-vous avec son avocat pour préparer sa défense ou aux convocations en justice.

Procès du 20 au 24 avril

Selon l’avocat, les parents et les proches de la famille sont victimes des lenteurs de la justice en France, victimes d’un calendrier surchargé.

Ramon Cortes doit être jugé en appel devant la cour d'appel de Montpellier du 20 au 24 avril, soit deux ans et demi après sa condamnation en première instance prononcée le 24 octobre 2017 par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales.

Le 16 septembre 2013, après avoir enlevé Rosine Roig, 45 ans, la mère de ses trois enfants, à la sortie de son travail au musée de Céret (Pyrénées-Orientales), Ramon Cortes l'avait exécutée dans les bois et enterrée dans une tombe creusée la veille. Il était ensuite allé se dénoncer au commissariat de Perpignan. Accusée de l'avoir aidé, sa maîtresse avait été condamnée en première instance à 18 ans de réclusion.

Jean-Wilfried Forquès