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Démantèlement d'un camp de crack à Paris: "Il faut leur donner un accès aux soins"

Les autorités ont procédé ce mercredi matin au démantèlement et à l'évacuation d'un campement de consommateurs de crack dans le nord-est de Paris. Depuis plusieurs années, les addicts au crack de la capitale sont déplacés de quartier en quartier sans qu'aucune solution pérenne ne soit trouvée.

Un campement de consommateurs de crack du nord-est de Paris a été évacué par la police, ce mercredi. Les forces de l'ordre ont commencé le démantèlement du campement de la rue de Forceval dans le 19e arrondissement de la capitale, limitrophe de Pantin en Seine-Saint-Denis. Les autorités entendent empêcher sa reconstitution ailleurs.

"Sur mon instruction, le préfet de police procède au démantèlement définitif du 'campement du crack' du square Forceval. 1.000 policiers seront déployés afin que ce campement ne se reconstitue pas ailleurs", a assuré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur Twitter.

"Les sortir, c’est une chose, mais qu’est-ce qu’on en fait derrière?"

"J’attends de voir ce que ça veut dire. Quel est le mode d’emploi, le mode opératoire pour que ce campement ne se reconstruise pas?", s'interroge Zohra Bitan ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules", sur RMC et RMC Story.

Car depuis plus de deux ans, les consommateurs de crack sont déplacés par les autorités. Après avoir occupé le quartier de la Place Stalingrad, ils ont été redirigés par la préfecture de police de Paris dans un parc non loin; avant d'être renvoyés près du périphérique, rue de Forceval, un endroit plus à l'écart, entre la Seine-Saint-Denis et Paris. Un mur, vite baptisé le "mur de la honte", y a même été érigé avec comme but inavoué d'empêcher les toxicomanes de se rendre à Paris.

"C'est une opération de communication", estime de son côté Olivier Truchot qui assure que les accros au crack étaient déjà partis, avertis de l'arrivée des forces de l'ordre ce mercredi matin.

"C’est indécent, on ne peut pas avoir cette misère et cette pauvreté avec ces hommes en train de souffrir. Les sortir, c’est une chose, mais qu’est-ce qu’on en fait derrière?", s'interroge également le restaurateur Stéphane Manigold sur RMC et RMC Story. "Ces gens sont dépendants, il faut leur donner un accès aux soins", plaide Etienne Liebig.

Les étrangers expulsés

Selon plusieurs associations, jusqu'à 400 personnes la journée et 150 la nuit, dont 35 à 40% de femmes, avaient élu domicile dans ce square où les dealers y vendaient les doses de crack au milieu des consommateurs.

Ce mercredi, le ministère de l'Intérieur a précisé à l'AFP que "les personnes recherchées seront interpellées, tout comme les étrangers en situation irrégulière qui seront placés en Centre de rétention administrative en vue de leur expulsion". "Les autres occupants seront orientés vers des dispositifs d'hébergement avec accompagnement médico-social ou dans des unités de soins".

G.D.