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Deux personnes inculpées en Espagne dans l'enquête sur la mort de l'ours Cachou

Deux personnes ont été inculpées en Espagne pour la mort de l'ours Cachou, en avril 2020. L'animal a été empoisonné avec de l'antigel pour voitures, les deux personnes poursuivies étant un ancien élu de la région qui l'accueillait et un de ses gardes.

C'était il y a deux ans, en avril 2020. Le corps de Cachou, un ours de 5 ans, était retrouvé au fond d'un ravin dans le Val d'Aran, une région des Pyrénées espagnoles. Une mort d'autant plus suspecte qu'il était en pleine forme. Dans un premier temps, certains avancent que Cachou aurait succombé après un combat avec un congénère. Mais la juge en charge de l'enquête avait toujours refusé de rendre public le rapport d'autopsie. Pendant ce temps-là, l'enquête a continué, discrètement.

Deux ans plus tard, il est révélé que l'ours Cachou a bien été tué, empoisonné avec de l'éthylène glycol, une substance présente dans l'antigel pour voiture, mélangé à de la nourriture. La substance ingérée, l'ours en est mort une quinzaine de jours plus tard. Dans cette enquête, six personnes ont donc été interpellées et deux de ces suspects sont inculpés.

Des anti-ours reconnus

Le premier inculpé, José Antonio Boya, est un ancien conseiller général d'Aran, la circonscription en charge de la gestion de Cachou. Il avait publiquement exprimé, à plusieurs reprises, sa volonté de tuer l'animal à l'antigel. Il gérait aussi un groupe Whatsapp, qui s'appelait "plateforme anti-ours". Le second mis en cause est un ami de cet élu, garde forestier et membre de l'équipe du suivi de l'ours. Il aurait donné à José Antonio Boya des indications sur sa localisation. De l'antigel a aussi été retrouvé chez lui.

La date de leur procès n'est pas encore connu. En attendant, cette enquête sur la mort de l'ours Cachou a permis aux policiers de découvrir un réseau de trafic de cocaïne dans la région et a mené à l'arrestation de 12 personnes.

Lucile Pascanet avec Maxime Martinez