RMC

Double meurtre de Saint-Ouen: qui étaient Sofiane et Tidiane, les deux victimes?

Une fusillade a fait deux morts et un blessé dans la nuit de lundi à mardi à Saint-Ouen. Les deux victimes étaient connus des habitants de la ville et l'une d'elle était très engagée dans la vie associative et politique.

Deux jeunes de 17 et 25 ans ont été retrouvé morts après une fusillade dans la nuit de lundi à mardi à Saint-Ouen en Seine Saint Denis. Un troisième âgé de 16 ans a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger. Les faits auraient eu lieu dans une cave de la cité Soubise, cave où l’on a retrouvé les deux corps des victimes touchées par plusieurs balles, l'une à la gorge, l’autre au niveau du torse. 

La ville est sous le choc après cette nouvelle fusillade. Sofiane 25 ans, et Tidiane 17 ans, étaient connus des Audoniens. Ce dernier était connu des policiers et suscitait même la sympathie auprès des forces de l'ordre: "Quand on le contrôlait, il était toujours respectueux. On était tous dégoûtés d'apprendre sa mort", assure au Parisien un policier.

"Sofiane, je le connais depuis des années. On se côtoyait depuis au moins 2014. On a fait la même campagne aux municipales, nous étions sur deux listes différentes qui ont fusionné", raconte ce mercredi sur RMC Mélanie Mermoz, militante associative dans la ville de Seine-Saint-Denis.

"On a rarement vu des chefs de réseaux s’impliquer politiquement"

"Je ne suis pas policière, je ne peux pas parler de ce qui est en lien avec le trafic. Mais je peux parler cependant de Sofiane et je n’ai pas envie qu’on ne parle de lui qu’en 'probable chef du réseau local du trafic'", ajoute-t-elle reprenant les propos de policiers dans les colonnes du Parisien.

"On a rarement vu des chefs de réseaux s’impliquer politiquement et se battre pour le droit au logement. Il avait notamment créé une association qui s’appelle Jeunesse Saint-Ouen pour essayer d’intéresser les jeunes à la politique. C’était quelqu’un d’extrêmement généreux", conclu la responsable associative.

"C’était un garçon avec un parcours difficile mais qui avait essayé ces dernières années de trouver une autre alternative à la drogue et la rue. Il était notamment impliqué dans la vie locale associative et n’hésitait pas à se prendre en photo avec des élus. Il n’avait pas le profil du dealer, celui qui rase les murs, vit la nuit et n’apparaît sur aucune photo", abonde sur RMC Driss Aït-Youssef, docteur en droit public, spécialiste de la sécurité globale, président de l'institut Léonard de Vinci et habitant de Saint-Ouen.

Guillaume Dussourt