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Elle a créé un site pour ne pas faire son jogging seule: "Les femmes viennent pour courir en sécurité"

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- - Flickr CC - Glenn Heulot

Les obsèques de la joggeuse Alexia Daval ont été célébrée ce mercredi dans la basilique de Gray-la-Ville, en Haute-Saône. La jeune femme de 29 ans avait été retrouvée morte le 30 octobre dans un bois. Depuis une quinzaine d'années, au moins 8 femmes ont été tués pendant un footing, en France. Depuis ces faits divers, de plus en plus de femmes ont décidé de ne plus courir seules, comme le confirme sur RMC.fr Carole Legris, présidente de l'association Cojogg.fr.

Carole Legris, présidente de Cojogg.fr, réseau social qui met en relations des amateurs de jogging pour qu'ils courent ensemble. Créé en juin 2014, il compte aujourd'hui 6.000 inscrits.

"J'ai longtemps couru seule, y compris la nuit ou le matin à la campagne, dans des endroits isolés. Sans forcément avoir conscience du danger. Jusqu'à ce que des faits divers comme le meurtre d'Alexia Daval rappellent que le risque existe pour les joggeuses. Et l'une des façons de s'en prémunir, c'est de ne pas courir seule. D'où l'idée de créer le réseau social Cojogg, pour que les gens trouvent des partenaires de courses en qui ils auront confiance. Dorénavant, moi aussi je cours toujours en groupe. Pour ma sécurité essentiellement, mais j'y ai trouvé d'autres vertus comme la motivation, puisqu'une fois engagée sur un rendez-vous on se doit d'y aller.

Beaucoup de femmes nous disent clairement qu'elles viennent pour courir en sécurité. C'est l'une des raisons principales. Après, les agressions ne touchent pas que les femmes. Nous avons reçu les témoignages d'hommes agressés quand ils courent tout seul, pour se faire voler leur montre, ou leur iPhone.

"Une voiture qui ralentit, un regard insistant…"

Je n'ai personnellement jamais été agressée lors d'un jogging, mais il m'est arrivé d'avoir des inquiétudes en voyant une voiture ralentir à mon passage, ou quand le regard d'une personne croisée était insistant. On se fait peut-être des films, mais cela peut nous inquiéter. L'actualité fait réfléchir. Quand on est une femme, entendre que d'autres femmes se font agresser et même tuer pendant un jogging nous rappelle à une forme de vulnérabilité. Quand on est seule, si on n'est pas armée ou adepte de self défense, c'est difficile de faire face à une menace de cette nature.

Sur le réseau, nous n'avons jamais eu de retour sur un problème d'agressions de la part d'un membre. Nous avons toutefois exclu deux hommes dont on nous disait qu'ils étaient trop dragueurs. Nous conseillons d'ailleurs aux membres de se faire accompagner lors d'un premier rendez-vous avec un cojoggeur."

Propos recueillis par Philippe Gril