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Elles dénoncent les féminicides avec des collages: "Une manière d'alerter les passants"

Leurs collages sur les féminicides ornent les murs de Paris, Marseille, Brest ou Toulouse. Elles seraient plus de 1.000 dans toute la France. RMC a suivi un groupe de colleuses d'affiches dans les rues de la capitale.

Elles seraient plus de 1.000 colleuses en France, à Paris mais aussi à Marseille, Brest, Toulouse ou encore Angers. Ces femmes placardent des messages pour dénoncer les féminicides. Des feuilles de papier A4 avec des lettres noires inscrites dessus. Collées sur des murs dans la rue, elles deviennent des slogans.

Leur technique est désormais rodée pour faire apparaître ces messages en quelques minutes. Chloé colle depuis trois mois pour rendre hommage aux victimes de féminicides et dénoncer les violences faites aux femmes:

"C'est très important de se réapproprier l'espace public. On utilise un procédé qui prend beaucoup de place, on ne peut pas détourner le regard, on est obligés de constater ce que vivent les femmes victimes, donc c'est aussi une manière d'alerter les passants et de faire émerger cette problématique dans le débat public".

"Le message commence à circuler dans la société"

Preuve que message commence à circuler dans la société e ça fonctionne, Mendel s'arrête en voiture pour les féliciter: "C'est extraordinaire, ça fait réfléchir, on les voit partout dans Paris".

Mais toutes les réactions ne sont pas aussi positives, c 'est d'ailleurs ce qui a motivé Alice, 25 ans, à venir coller pour la première fois:

"Je les voyais arracher systématiquement, méticuleusement les affiches, je me demandais pourquoi. Ce sont des messages que certains n'ont pas envie de voir ou qui les énervent. Donc autant continuer. Ça commence peut-être à bouger, en tout cas, le message commence à circuler dans la société et il faut que ça continue parce que la partie n'est pas gagné".

Demain, toutes défileront dans la rue. Elles promettent une action surprise, peut-être avec leurs fameuses lettres noires. Une action passible de 68 euros d'amende. Six militantes ont été verbalisées à côté de Matignon, en septembre dernier.

> Les femmes victimes de violences peuvent contacter le numéro gratuit 3919.

Caroline Philippe et Bettina de Guglielmo