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Enfant mort après avoir mangé des crêpes à l'école: "J'avais de la haine, mais aujourd'hui j'ai pardonné à la maîtresse"

TEMOIGNAGE RMC - Le 29 mars 2018 en fin d'après-midi, le garçon de six ans, scolarisé en grande section de maternelle dans une école de Limas, a fait un choc anaphylactique fatal alors qu'il rentrait chez lui avec sa mère. Sa mère se confie sur RMC.

"Je veux que ça se termine". Deux ans après la mort de son fils, Jahden, 6 ans, Marie-Anaëlle veut désormais "commencer sa vie", comme elle le souffle sur RMC. 

Son enfant est mort fin mars 2018 après avoir mangé des crêpes en dépit de son allergie connue aux produits lactés. Une enseignante du Rhône comparaît ce mardi pour "homicide involontaire" devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône.

Le 29 mars 2018 en fin d'après-midi, le garçon de six ans, scolarisé en grande section de maternelle dans une école de Limas, a fait un choc anaphylactique fatal alors qu'il rentrait chez lui avec sa mère. L'établissement fêtait Carnaval ce jour-là et des crêpes - contenant du lait - avaient été préparées pour les enfants.

La victime dont l'allergie avait fait l'objet d'un projet d'accueil individualisé (PAI) - document écrit spécifiant les troubles de la santé d'un élève, ses éventuels besoins thérapeutiques et les consignes à suivre en cas de problème - n'aurait pas dû en manger. L'institutrice, âgée d'une cinquantaine d'années, lui en a pourtant donné deux. 

"Je veux que ça se termine"

Deux après le drame, les jouets, les figurines, les photos de Jahden sont omniprésents dans le salon de Marie-Anaëlle. Cette maman attend beaucoup du procès de l'institutrice de son fils: "Je veux juste que justice soit faite, pour lui, de comprendre ce qu'il s'est passé. Ca m'angoisse, je veux que ça se termine, qu'on en arrête là et qu'on commence notre vie". 

Plus de deux ans après la mort de Jahden, Marie-Anaëlle a un message pour l'enseignante: "Au début, j'avais de la haine envers elle. Aujourd'hui, ce n'est plus ça: je me dis que ce n'était pas sa faute, que c'est un accident, un manque de vigilance. Je préfère me dire cela et je lui pardonne".

Sur RMC, Frédéric Lalliard, l'avocat de l'institutrice, estime que si l'allergie au lactose du petit garçon était connue de l'école, le protocole reste incomplet:

"Un mot où il est indiqué que l'enfant ne supporte que des traces de lait, forcément c'est insuffisant. D'autant que cet enfant souffrait d'une autre pathologie, il avait des problèmes d'asthme. Les éléments de renseignements étaient insuffisants pour quelqu'un qui n'est pas médecin" défend-il. 

L'institutrice occupe depuis ce drame un poste administratif au rectorat. Elle ne sent plus capable d'enseigner avec des enfants.

Xavier Allain