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Enquête sur les attentats du 13-novembre: al-Baghdadi cité dans le dossier

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INFO RMC - Le nom du "calife" de l'organisation jihadiste Daesh apparaît dans le dossier réuni dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Selon un témoignage recueilli par la justice belge, il aurait pu rencontrer Abdelhamid Abaaoud, membre du commando des terrasses.

220 tomes de procédures, 28.000 procès verbaux pour une enquête, dont le procureur de la République de Paris François Molins a évoqué "l'ampleur inédite" ce vendredi sur France Info, qui devrait durer jusqu'au printemps 2019 selon les juges antiterroristes. Le dossier rassemblé par la justice dans le cadre des investigations autour des attentats du 13 novembre 2015 à Paris est immense. Et, d'après des informations de RMC, un détail supplémentaire renforce le caractère hors norme de cette enquête: Abou Bakr al-Baghdadi, le soi-disant "calife" que se sont choisis les jihadistes de Daesh, est cité directement dans le dossier, en lien avec l'un des terroristes du 13-Novembre. 

L'interrogatoire d'Oussama K. 

C'est d'Oussama K., lors d'un interrogatoire mené l'an dernier par la justice belge, qu'est venue cette citation. Ce dernier est un homme de 25 ans parti en 2014 en Syrie puis revenu en Belgique en septembre 2015, en compagnie de deux membres de sa cellule terroriste. Identifié dans le métro bruxellois, où 15 personnes ont perdu la vie le 22 mars 2016, avec l'un des kamikazes, il est interpellé après les attentats commis dans la capitale belge. C'est donc cet homme qui a avancé qu'une rencontre avait eu lieu entre al-Baghdadi et Abdelhamid Abaaoud, membre du commandon des terrasse tué le 18 novembre 2015 lors de l'assault à Saint-Denis.

Il dit tenir son récit d'Ibrahim El Bakraoui, un terroriste qui a exécuté son attentat suicide à l'aéroport de Bruxelles. "Ibrahim disait qu'Abaaoud avait vu al-Bagdadi, affirme le suspect. Ils se sont mis autour d'une table donc il l'a réellement rencontré en Irak." Il a appuyé son propos en posant qu'une telle opération en Europe ne pouvait "venir que de personnes proches de la tête de l'Etat islamique". 

Un récit sujet à caution 

C'est la seule occurrence, cependant, du nom d'Abou Bakr al-Baghdadi dans l'enquête, et elle est sujette à caution. Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme, ne cache pas ses doutes: "Rien ne permet d'accréditer cette rencontre. Abdelhamid Abaaoud était un coordinateur des attentats européens, mais probablement pas un donneur d'ordres de niveau à rencontrer le chef de l'organisation terroriste".

Reste, en revanche, qu'Oussama K. a raison de remarquer que "ces attentats ont été forcément validés par la haute hiérarchie de l’Etat islamique", poursuit Jean-Charles Brisard. 

R.V., avec Claire Andrieux