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"Escroc", "Mauvais perdant": le réquisitoire sans concession contre Bernard Tapie dans l'affaire de l'arbitrage de la vente d'Adidas

Cinq ans de prison ferme ont été requis à l'encontre de l'homme d'affaires pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics"

A la sortie de l'audience, Bernard Tapie, énervé, invective deux avocats de la partie civile: "Vous allez passer une bonne soirée. Moi, je vais passer 5 ans en prison".

Le ministère public a requis lundi soir cinq ans de prison ferme à l'encontre de Bernard Tapie pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics" dans l'affaire de l'arbitrage controversé qui lui avait octroyé 403 millions d'euros en 2008 et qui a été annulé au civil pour "fraude".

Cet arbitrage, censé solder un vieux litige entre l'homme d'affaires et le Crédit Lyonnais, était "truqué" et Bernard Tapie, qui souffre aujourd'hui à 76 ans d'un double cancer, son "co-organisateur" et son "bénéficiaire principal", ont estimé les représentants du parquet, Nicolas Baïetto et Christophe Perruaux. 

"Oui, ça pique un peu les oreilles monsieur Tapie"

Au long d'un réquisitoire de plus de quatre heures, les avocats des partie civile ont été sans concession: "Bernard Tapie est bien un escroc", tranche l'un d'eux. Derrière lui, Bernard Tapie s'agite, secoue la tête. Son avocat Maître Témime pose la main sur son épaule pour tenter de le calmer.

Offensive du procureur: "400 millions d'euros grâce à cet arbitrage, cela a choqué les Français!" Bernard Tapie s'agite encore et marmonne. "Oui, ça pique un peu les oreilles monsieur Tapie, mais si vous ne voulez pas écouter, vous sortez" répond sèchement le procureur.

Bernard Tapie encaisse les piques: "Vous n'avez jamais accepté la mésaventure Adidas, vous êtes un mauvais perdant".

Puis la réquisition: tombe 5 ans de prison ferme. Il n'y aura aucune réaction à chaud face à la presse. Les plaidoiries de la défense doivent débuter mardi matin et s'échelonner sur trois et éventuellement quatre jours. Le jugement n'est pas attendu avant plusieurs semaines.

Jean-Baptiste Bourgeon avec Xavier Allain