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Explosion de l'usine AZF, quinze ans après: "Jamais ça ne partira. On va mourir avec"

Il y a quinze ans une explosion ravageait le site de l'usine AZF à Toulouse

Il y a quinze ans une explosion ravageait le site de l'usine AZF à Toulouse - ERIC CABANIS / AFP

TEMOIGNAGES - Le 21 septembre 2001, une explosion ressentie à des dizaines de kilomètres à la ronde avait soufflé le complexe chimique AZF et dévasté les alentours. Le bilan avait été de 31 morts et 2.500 blessés. Quinze ans après et deux procès plus tard, les plaies ne sont toujours pas refermées pour les victimes directes et indirectes de cette catastrophe.

21 septembre 2001. Il est 10h17 quand l'usine d'AZF explose. A Toulouse, les images sont terribles. On croirait que le site a été bombardé. Le complexe industriel est dévasté. Il ne reste que des poutrelles déformées au sol, et un cratère de 50m de diamètre. C'est la panique. Dans un rayon de plusieurs kilomètres, les gens se retrouvent blessés, estropiés. Près de 400 tonnes de nitrates d'ammonium viennent d'exploser. A l'intérieur de l'usine 350 personnes et des centaines d'autres dans les bâtiments alentours, soufflés par l'explosion. Le bilan sera lourd: 31 morts et 2.500 blessés.

Quinze ans après et deux procès plus tard, les plaies ne sont toujours pas refermées pour les victimes directes ou indirectes de cette catastrophe industrielle sans précédent en France. Alors qu'un autre procès doit s'ouvrir le 24 janvier prochain à Paris, pour les victimes cela ne suffit pas à oublier les blessures. Le jour de l'explosion, Brigitte était dans l'usine et, aujourd'hui encore, ce drame hante ses nuits: "Pour nous, victimes, ce que l'on a subi, ce que l'on a, les traumatismes, le choc, les blessures… Jamais ça ne partira. On va mourir avec".

"La souffrance est là et elle restera"

Pauline, quant à elle, circulait en voiture sur la rocade ce matin-là. Depuis quinze ans, elle souffre de graves troubles de l’audition: "J'ai complètement perdu une oreille. A l'autre, j'ai perdu plus de 40% donc vous pouvez imaginer le handicap que j'ai à 58 ans. Le souvenir ne pourra jamais s'effacer". Quelle que soit l'issue du troisième procès de la catastrophe en janvier prochain, Brigitte pense, elle aussi, qu'elle aura du mal à tourner la page.

"Ce n'est pas possible que cela parte avec le procès. C'est impossible, assure-t-elle. La souffrance est là et elle restera. Pour moi, le 21 septembre est une journée noire. Le procès ne me fera pas oublier AZF, sûrement pas". Depuis cette catastrophe industrielle, Brigitte et Pauline ne sont jamais revenues sur les lieux de l'ancienne usine AZF.

M.R avec Jean-Wilfrid Forquès