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Affaire "Mila": le choc dans le lycée de la jeune fille menacée de mort après des propos anti-Islam

Après de violents propos anti-Islam tenus dans une vidéo publique publiée sur Instagram, une jeune lycéenne de Villefontaine, en Isère, est la cible de menaces de mort.

Deux enquêtes ouvertes après le lynchage de Mila, une adolescente de 16 ans qui tient des propos anti-Islam dans une vidéo diffusée sur Twitter. Le procureur de la République de Vienne a donc ouvert une enquête sur Mila et les insultes anti-Islam, pour provocation à la haine raciale, l'autre sur les menaces de mort et insultes des internautes.

Car la jeune fille est victime de harcèlement et de menaces, en ligne comme dans la vie réelle. L'extrait a été vu 1,6 million de fois sur le réseau social et a déclenché une vague de haine avec des menaces de mort, de viol envers Mila et sa famille, et des insultes sexistes et homophobes.

Son adresse est même diffusée. Elle n'est pas retournée dans son lycée depuis par peur de représailles. Les autorités ont été prévenues et la plateforme Pharos saisie pour signaler les contenus de la vidéo et des messages.

"On ne pensait pas qu'elle avait ce genre de pensées"

Jeudi, dans son lycée de Villefontaine, l'incompréhension persistait chez les lycéens. Au lycée, la vidéo virale de Mila fait encore parler. Pour Charlotte, c'est la stupéfaction depuis quelques jours.

"Sans la connaître bien, on ne pensait pas qu'elle avait ce genre de pensées. Surtout qu'elle est dans un lycée où il y a une grosse partie de personnes musulmanes qu'elle voit tous les jours."

Asma, également lycéenne, ne comprend pas non plus les propos de sa camarades sur les réseaux sociaux.

"Quand je l'ai vue faire cette vidéo, en tant que musulmane, ça m'a fait quelque chose quand même. J'ai vu qu'elle ne comprenait rien du tout en fait. Je pense qu'elle a voulu faire du buzz, et elle a réussi. C'est dommage pour elle pour qu'à la fin c'est elle qui ne vient plus en cours."

"Je pense qu'elle ne s'est pas rendue compte que lorsque l'on parle sur Internet, l'exposition devient mondiale et que ses propos pouvaient choquer"

L'association e-enfance a eu Mila plusieurs fois au téléphone depuis samedi. Samuel Comblez, directeur des opérations.

"Elle s'est exprimée sous le sceau de la liberté d'expression. Pensant que lorsque l'on est sur internet on a le droit de tout dire. C'est là où elle s'est trompée. Je pense qu'elle ne s'est pas rendue compte que lorsque l'on parle sur Internet, l'exposition devient mondiale et que ses propos pouvaient déranger, choquer."

Durant ces prochains jours, l'association e-enfance restera en contact avec Mila et sa famille.

Gwenaël Windrestin et Juliette Pietraszewski (avec J.A.)