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Chasse: une enquête ouverte après qu'un père a ordonné à son fils d’abattre un sanglier au couteau

Après la diffusion d’une vidéo, fin novembre, d’un père ordonnant à son fils d’abattre un sanglier au couteau lors d’une partie de chasse à Châlons-en-Champagne (Marne), une enquête a été ouverte pour provocation de mineur à la commission d'un délit et abandon moral de mineur.

La vidéo a de quoi choquer. Dans la Marne, un père de famille pourrait comparaître devant le tribunal après une partie de chasse avec son fils. La raison? Une injonction insistante du parent envers son enfant d’abattre un sanglier à coup de couteau, qui pourrait coûter cher au papa.

Tout commence à la fin du mois de novembre, près de Châlons-en-Champagne, dans la Marne. Accompagné de son fils, âgé d’une dizaine d’années, un chasseur tire et touche un sanglier qui se retrouve à terre.

Le père commence alors à filmer la scène. Il demande à son enfant de s’approcher de l’animal, gémissant au sol, et de l’achever.

“Pique-le! Pique-le! Allez, attrape-le, pique-le au coeur!”, insiste le père envers son fils.

Ce dernier suivra alors les ordres de son père, et “piquera” la bête agonisante à plusieurs reprises.

Si la scène n’est peut-être qu’un cas isolé, elle a tout de même provoqué de vives réactions lorsque le père de l’enfant a posté la vidéo sur les réseaux sociaux. Très rapidement retirée par son auteur ensuite, elle a tout de même été repérée par l’association “Nos Viventia”, engagée dans la protection des êtres vivants, et son fondateur le naturaliste Pierre Rigaux.

Une pratique proche de l’illégalité

À la vue de cette vidéo difficile, Pierre Rigaux ne souhaite pas en rester là, et porte plainte à la gendarmerie. Il explique que le chasseur "fait ainsi durer la souffrance du sanglier", et que l'enfant "aurait pu se blesser".

Dans cette situation, l’animal est pris au piège, "la notion de captivité pourrait être retenue", selon le naturaliste.

A la suite du dépôt de plainte, le parquet se saisit de l’affaire et ouvre une enquête pour provocation de mineur à la commission d'un délit et "abandon moral de mineur". En parallèle, les informations ont aussi été "transmises au juge des enfants au titre de l’assistance éducative".

Si cette pratique de chasse n’est pas illégale, le code pénal punissant uniquement les actes de cruauté pour les animaux en captivité, domestiques ou apprivoisés, la justice pourrait tout de même retenir d’autres faits passibles d’une sanction.

En effet, l’acte de provoquer un enfant à commettre un crime ou un délit est puni de cinq ans de prison et de 150.000 euros d'amende.

Et lorsque qu’un parent se dispense de ses obligations au point de compromettre la moralité ou l'éducation de son enfant mineur, celui-ci peut être puni de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende.

Bettina de Guglielmo (avec A.L).