RMC

Marseille: une fin d'année marquée par une multiplication des fusillades

Trois personnes ont été tuées entre vendredi et dimanche à Marseille sur fond de trafic de drogue. Des victimes qui sont de plus en plus jeunes. Deux avaient seulement 22 et 20 ans. Un symbole du rajeunissement dans l'ultra-violence.

Noël sanglant à Marseille. Trois fusillades ont fait deux morts et trois blessés entre vendredi et dimanche dans la cité phocéenne, ce qui dénombre le nombre de victimes décédées à 33 depuis janvier. Le pire chiffre depuis 20 ans…

Des morts des plus en plus jeunes notent les enquêteurs. Les deux dernières victimes touchées dans des quartiers différents sont âgées de 20 et 22 ans. Il y a d’une part des guerres entre plusieurs gangs qui perdurent, mais aussi, et c’est nouveau, le contrôle de petits points de deal qui sont également visés, plus seulement les supermarchés de la drogue.

Des victimes toujours plus jeunes

Le jeune âge des victimes comme des auteurs traduit également un recours plus facile à l’ultra-violence chez ces narcotrafiquants. Le tout dicté par un appât du gain insatiable dans un contexte où le nombre de consommateurs ne cesse d’augmenter.

“Il y a quatre-cinq ans, nous avions effectivement des règlements de compte sur des gros narcotrafiquants marseillais, ce qu’on appelle des gros points de stup. Aujourd'hui même sur des réseaux de stupéfiants de taille standard, ou de micro trafic de stupéfiants, on a la violence qui s’est désinhibée. Donc on a une espèce d’OPA entre narcotrafiquants marseillais que ce soit en essayant d’atteindre le gérant et si ce n’est pas possible, en éliminant des seconds couteaux voire même des petites mains du trafic. Et le phénomène de désinhibition est dû au rajeunissement des protagonistes. Ça ne fait qu’accélérer le nombre de règlements de compte", indique Eddy Sid, délégué du syndicat Unité SGP-FO Police.

Les policiers mettent en avant le fait qu’ils élucident la moitié de ces règlements de compte et que le nombre d’armes saisies a augmenté de 72%, sans pour autant parvenir à enrayer le phénomène.

Lionel Dian avec Guillaume Descours